Pour Guy Vaillancourt, président et organisateur des courses sur route Tour du Suroît, la situation demeure dramatique. « Vendredi, c’était l’enfer. J’ai entendu ça à la radio et je me suis dit que ces situations ne devraient pas arriver. S’il y avait une volonté politique de créer des bandes cyclables, ça éviterait bien des problèmes et possiblement des tragédies », a lancé celui qui côtoie de nombreux coureurs à longueur d'année. « Le problème est que les cyclistes veulent s’entraîner, mais ils ne sont tolérés nulle part. Les automobilistes n’en veulent pas sur les routes et ceux qui font du vélo en famille n’en désirent pas sur les pistes cyclables », explique-t-il.
Pas la majorité
Il soutient toutefois que la majorité n’est pas à la source du problème. « La plupart des automobilistes sont courtois. La très grande majorité des cyclistes le sont aussi. Seule une minorité engendre les problèmes. Mais le gouvernement ne doit pas attendre pour légiférer. Il bouge quand il y a des morts, mais il ne devrait pas attendre chaque fois », a lancé Guy Vaillancourt. Il cite comme exemple la bande cyclable entre Vaudreuil-Dorion et Pointe-des-Cascades sur De Lotbinière. « Il y a un accotement d’un mètre et demi sur le côté de la route. C’est parfait, sécuritaire et tout le monde y gagne. Il suffit de l’entretenir et d’en faire ailleurs », a-t-il plaidé.
Les cyclistes doublés
Normand Tremblay est un cycliste d’expérience. Président du club de cyclisme Suroît comptant 275 membres, il ne vérifie plus les kilomètres au compteur. « Des problèmes surviennent régulièrement, mais pour de nombreuses raisons. Le nombre de cyclistes a doublé en cinq ans. Les cyclistes sur route ne peuvent emprunter les pistes cyclables, limitées à 25 kilomètres à l’heure. Ils se retrouvent alors sur les routes et les problèmes commencent en raison des gens qui manquent de civisme », affirme l’ancien policier à la retraite. « Une loi en Floride prévoit que les voitures doivent céder six pieds aux cyclistes. Malheureusement au Québec, la législation est silencieuse à cet égard. Nous pouvons seulement compter sur le civisme. Les cyclistes doivent être prévoyants », assure Normand Tremblay, pointant également le manque de civisme de certains cyclistes. « Le problème vient des deux côtés et encore une fois, il ne faut pas généraliser. Seules quelques têtes brûlées causent les problèmes. La plupart du temps, ça va bien », assure-t-il.
Randonnées sécuritaires
Hebdomadairement, Normand Tremblay roule en peloton avec un groupe d’amis. « Chaque dimanche matin, nous nous rencontrons et nous partons de Vaudreuil-Dorion. Je répète un discours de sécurité chaque fois. Nous devons être prudents. Les automobilistes ralentissent et contournent l’obstacle la plupart du temps, mais une minorité klaxonne, accélère et blasphème. Ces derniers causent les accidents », dit Normand Tremblay.
Bruno Beaulieu, sergent à la Sûreté du Québec, explique que des lois visent les cyclistes pour assurer une certaine sécurité.
Les articles 486 et 487 du Code de la sécurité routière visent les cyclistes. Ceux-ci, lorsqu’ils circulent en groupe de deux ou plus, doivent le faire à la file. Par ailleurs, le conducteur d’une bicyclette doit circuler à l’extrême droite de la chaussée et dans le sens de la circulation.

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