Il peint depuis toujours et discourt sur son art avec aisance et philosophie. Jusqu’au 12 juin, Stéphan Daigle exposera une trentaine d’œuvres sur les murs du musée, soit autant d’invitations à réfléchir sur la beauté et la fragilité de notre planète. « On a tous un pouvoir sur notre planète, affirme l’artiste peintre. Nous en sommes les jardiniers. Si nous voulons le paradis, c’est à nous de le construire. »
La créativité, c’est la vieL’exposition Tapis-Jardins, Vues sur le jardin d’Eden propose une rencontre culturelle créative mue par les beautés de la nature. « Nous sommes tous des créateurs de nos vies, mais on ne le sait pas, affirme Stéphan Daigle avec philosophie. Les artistes doivent reconnecter les gens avec ça. » Construites selon la structure du tapis oriental, qui fascine l’Occident depuis des siècles, les œuvres du peintre se veulent aussi une nouvelle création du jardin dans ce qu’il a de plus symbolique. En même temps, les toiles portent un rêve, celui de s’engager dans la beauté en tant que créateur de notre propre existence. « L’art a toujours servi le besoin de sens, de comprendre le monde, de se lier, raconte l’ancien illustrateur. Au départ, le tapis oriental représentait le jardin idéal. Mais ces jardins ont été dévastés par les populations. Nous avons abusé de l’environnement alors qu’on est un avec notre planète. »
L’axe et l’équilibreSorti de l’université avec des idéaux qui trouvent aujourd’hui leur écho dans ses œuvres, Stéphan Daigle a longtemps pratiqué le métier d’illustrateur avant de se consacrer pleinement à son art. Cofondateur de l’Association des illustrateurs et illustratrices du Québec, l’homme a œuvré plusieurs années pour un magazine américain avant de quitter la région des Laurentides pour s’enraciner à Vaudreuil-Dorion. Aux côtés de sa compagne de vie, l’artiste Annouchka Galouchko, il recherche l’équilibre et le trouve habituellement des deux côtés de l’axe qu’il peint bien souvent. Sa maison du Vieux-Dorion est le temple de ses œuvres numériques et peintes, autant d’images « qui vont devenir des éléments fondamentaux dans la vision collective qu’on a de nous-mêmes ». Influencé par les cultures autochtone et celtique, Stéphan Daigle rejoint tranquillement, par ses oeuvres, ce langage universel si cher aux artistes. « J’ai été entraîné par la force des choses, explique-t-il. Cette exposition résonnait en moi. » Plus qu’une simple exposition, Tapis-Jardins, Vues sur le jardin d’Eden invite les visiteurs à retrouver leur place dans l’univers et à repenser, le temps d’une visite, le temps d’une vie, leur rapport à l’immense jardin Terre. « J’ose espérer qu’on finit par tirer certaines leçons, dit l’artiste en soupirant. Notre peu de conscience commence à nous remonter en pleine face. » Stéphan Daigle crée, et cette création se répercute bien au-delà des murs du Musée. L’exposition Tapis-Jardins, Vues sur le jardin d’Eden prend l’affiche au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges (431, avenue Saint-Charles) du 30 avril au 12 juin. Le vernissage aura lieu dimanche, de 14 h à 16 h. Une rencontre est également au programme du 5 juin, dans le cadre des fêtes des Seigneuriales.

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