Sa musique berce ses admirateurs depuis près de quatre décennies. Du 18 juin au 18 septembre, Richard Séguin portera son message sur les murs du musée en y exposant ses gravures en compagnie de son ami, l’artiste sculpteur Denis Charrette. « Je ne mets pas la chanson au service de la gravure, raconte l’auteur au lendemain d’une de ses prestations au sein du lumineux projet 12 hommes rapaillés. Beaucoup de gens me suivent dans la gravure. C’est devenu un moyen d’expression. Mais je n’y vais pas avec beaucoup de haut-parleurs. »
La mémoire de l’arbre
Richard Séguin et Denis Charrette se connaissent depuis une quinzaine d’années. Lentement, au fil de rencontres, d’échanges et de réflexions, le bois s’est imposé comme outil de création dans l’exploration des thèmes chers à l’auteur : l’écologie, l’appartenance au territoire, l’enracinement.
« Notre métier est métis au départ, résume l’artiste. Le fait d’habiter le territoire, notre inconscient est métis. Quand tu comprends ça, ça modifie ta perception. »
Inspiré par la thématique du bois, qui se marie parfaitement bien à cette idée d’enracinement au territoire, Richard Séguin s’est installé dans son atelier circulaire pour prendre le temps de composer ses œuvres, et laisser monter l’inspiration. Un peu comme dans l’écriture d’une chanson, quoi!
« La gravure apporte une lecture différente de ce que la chanson peut dire, précise l’homme qui a composé une quinzaine d’albums. C’est dans le domaine de l’image, de l’introspection. Mon atelier circulaire, c’est tout un espace, sans angles. Il y a quelque chose dans la création qui est du domaine du cycle, le cycle de représentation, d’introspection, le cycle d’écriture. »
Homme de cœur, homme de silence
L’an dernier, Richard Séguin obtenait le prix Sylvain-Lelièvre, soulignant sa carrière exceptionnelle d’auteur-compositeur. Mais l’homme ne se pavane pas sous les distinctions. Il se fait discret, humble, éclairé. Comme l’arbre qui l’inspire, il paraît ancré, enraciné dans sa vie et dans sa création.
« La création est un lieu d’énergie qui peut prendre différentes formes, explique l’artiste graveur. La gravure coïncide avec un grand temps d’arrêt. Elle côtoie le temps d’écriture. C’est lié. La gravure se fait en silence. L’accélération me fait peur, car tu perds le contrôle. »
Quand il sort de son atelier, Richard Séguin aime se retrouver parmi les siens, dans d’autres expositions, pour partager l’espace, pour le contact avec les autres.
Homme de cœur et être sensible, il admet qu’une certaine méconnaissance entoure la gravure. Mais chez lui, ce travail fait partie d’un tout. La gravure est une réponse au discours politique, comme une lecture du temps, un moyen de sensibiliser les gens.
Ravi de se retrouver au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, dont il vante l’organisation, Richard Séguin convie la population à découvrir l’exposition La mémoire de l’arbre en compagnie de son ami Denis Charrette. Le vernissage aura lieu dimanche de 14 h à 16 h. Une rencontre-échange est également inscrite à l’agenda du 21 août.
Pour obtenir plus de renseignements, visitez le site Web au www.mrvs.qc.ca ou composez le 450 455-2092.

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