Présences autochtones



Sans l’apport des Autochtones, les colons européens auraient sans doute trouvé les hivers longs et pénibles. (Photo : Pascale Lévesque)

Sans l’apport des Autochtones, les colons européens auraient sans doute trouvé les hivers longs et pénibles. (Photo : Pascale Lévesque)

Patrick Richard
Publié le 9 Février 2011
Publié le 9 Février 2011
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Exposition Entre toboggan et Quenechouan au musée

Aux XVIe et XVIIe siècles, les rencontres entre les mondes autochtone et européen se multiplient. Aujourd’hui, que reste-t-il de ces contacts?

Sujets :
Musée régional de Vaudreuil-Soulanges , Premières Nations , Caisse Desjardins de Vaudreuil-Soulanges , Québec , Amérique , Nouveau Continent

Pour le savoir, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges présente, jusqu’en décembre, une exposition imprégnée de découvertes et de renseignements pertinents, Entre toboggan et Quenechouan.

Un apport inestimable

Quand les premiers colons débarquent en Amérique, après un voyage terriblement long et éprouvant, plusieurs d’entre eux partent à la découverte du Nouveau Continent. Ils investissent le territoire et vivent au sein des communautés autochtones dont les traces, au Québec, remontent à plus de 10 000 ans avant Jésus-Christ.

Ces colons sont à l’origine des premiers apports à la culture européenne de la part des Inuits, des Iroquois et des Algonquiens, les trois grandes familles linguistiques qui habitent aujourd’hui le Québec.

Cette exposition illustre richement la contribution matérielle et immatérielle indispensable des Autochtones : le toboggan, le kayak, le canot, les techniques de chasse et de pêche, les cultures du maïs et du tabac, la récolte du sirop d’érable, jusqu’aux boissons gazeuses et au maïs éclaté. La présence autochtone est visible partout. « Sans tout ça, il aurait été impossible de se déplacer ici, explique avec passion Michel Morissette, l’homme responsable de cette exposition. Ces éléments ont permis aux Européens d’arpenter et d’habiter le territoire. »

Éliminer le fossé

Présentée sous forme de tableaux (les échanges, la vie quotidienne, la toponymie, l’agriculture et l’alimentation), cette exposition permet aussi de se rendre compte du fossé séparant les Premières Nations des « blancs ». « Jusqu’à tout récemment, je n’avais jamais eu de conversation avec un Autochtone, déplore Michel Morissette. Pourtant, ce sont des peuples fascinants. Leur apport à notre culture est gigantesque. Ce sont eux qui ont apprivoisé le territoire. Les Amérindiens ont d’ailleurs sauvé beaucoup d’Européens du scorbut, ne l’oublions pas. »

Les exemples, les explications et les objets d’époque abondent dans cette exposition commanditée par la Caisse Desjardins de Vaudreuil-Soulanges. En sortant, le visiteur pourra faire savoir à ses proches que Chicoutimi, en innu, signifie « la fin des eaux profondes ». Magog, en abénaquis, désigne « étendue d’eau », et Manicouagan, en cri, veut dire « là où il y a de l’écorce à canot ».

Pour une expérience fascinante et un retour dans un passé réactualisé, rendez-vous au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, situé au 431, avenue Saint-Charles à Vaudreuil-Dorion. La thématique des Premières Nations y sera grandement à l’honneur cette année dans le cadre d’autres expositions et événements à venir dont les Hebdos du Suroît rendront bientôt compte.

Influence linguistique

- Premières Nations, Amérindiens, Inuits et Autochtones

Le terme Amérindien désigne tous les Indiens des Amériques, d’origine asiatique lointaine, dont l’habitat et la civilisation se seraient étendus à l’ensemble du continent, à l’exception des régions situées à l’extrême Nord dont les habitants sont des Inuits. Au Canada, la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaît les Amérindiens et les Inuits comme étant des Autochtones, c'est-à-dire des personnes vivant sur un territoire habité par leurs ancêtres depuis des temps immémoriaux. Pour désigner les peuples autochtones aujourd’hui, on fait aussi mention de Premières Nations.

 

- Toboggan

De l’algonquien otaban. Traîneau bas d’invention amérindienne fait de planches minces et recourbées à l’avant, assemblées avec des barres transversales, servant de moyen de transport dans les régions subarctiques.

 

- Quenechouan

Le terme quenechouan, devenu Quichien dans notre région, se réfère aux rapides entre Vaudreuil et Sainte-Anne-de-Bellevue. Champlain lui-même mentionne le nom de quenechouan dans le récit d’un de ses voyages sur la rivière des Outaouais

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