Forte majorité en faveur du suicide assisté



L’abbé Laurier Farmer soutient qu’il importe de bien distinguer le suicide de l’euthanasie douce. Il se prononce contre l’acharnement thérapeutique et implore les gens de bien réfléchir à la question. (Photo Cynthia Chiasson)

L’abbé Laurier Farmer soutient qu’il importe de bien distinguer le suicide de l’euthanasie douce. Il se prononce contre l’acharnement thérapeutique et implore les gens de bien réfléchir à la question. (Photo Cynthia Chiasson)

Yanick Michaud
Publié le 21 Avril 2010
Publié le 16 Septembre 2010
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Les Vaudreuil-Soulangeois se prononcent dans le cadre d’un sondage panquébécois

Suicide : un mot fort. Très fort et qui fait peur.

Sujets :
Université de Montréal , Paroisse de Sainte-Jeanne-de-Chantal , Notre-Dame-de-l'Île-Perrot , Salaberry-de-Valleyfield

L’abbé Laurier Farmer ne se prononcera pas en faveur du suicide assisté. « C’est un mot grave. Brutal. On ne peut pas fournir une corde à un homme pour qu’il se pende. Il est également impossible de penser à lui donner une piqûre pour l’endormir, comme on le ferait avec un chat. C’est trop direct », explique le curé de la paroisse de Sainte-Jeanne-de-Chantal, à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot.

Il modère toutefois ses propos en matière d’euthanasie douce. « Il existe une nuance entre le suicide assisté et l’euthanasie douce. Si l’on débranche un malade maintenu en vie artificiellement, on l’euthanasie. Même situation pour les cancéreux à qui l’on injecte de la morphine pour atténuer leurs douleurs », exprime-t-il.

Il s’inscrit également en faux contre l’acharnement thérapeutique : « L’acharnement, ce n’est peut-être pas ça non plus, la nature. Ce n’est pas la volonté de Dieu, il me semble. Le suicide n’est pas naturel, mais s’acharner sur un patient en phase terminale ne l’est pas plus. »

En faveur du suicide assisté @R :Presque tous les Vaudreuil-Soulangeois (89 %) se sont prononcés en faveur du suicide assisté à la suite d’une maladie grave. Parmi eux, 39 % des adultes se disent totalement en faveur et 50 % plutôt en faveur du suicide assisté. Seuls 11 % des lecteurs de L’Étoile sondés estiment être contre la suicide assisté : 8 % « plutôt contre » et 3 % « totalement contre ». Des taux qui reflètent en grande partie l’opinion des Québécois : 87 % des adultes se disent en faveur du suicide assisté. Ce taux atteint un sommet dans Lanaudière, En effet, 90 % des adultes approuvent cet acte médical à la suite d’une maladie grave ou dégénérative. Des messages intéressants

L’abbé Laurier Farmer prévient qu’il faut être prudent avant d’arrêter son choix. « L’abbé Hubert Doucet a récemment prononcé une conférence à Salaberry-de-Valleyfield, où il a longuement exposé son point de vue. Les gens gagneraient à l’entendre. C’est une question difficile à laquelle on ne peut répondre sans réflexion profonde », déclare-t-il. L’abbé Doucet est en effet fortement opposé à la décriminalisation de l’aide au suicide.

Hubert Doucet enseigne aux facultés de théologie et de médecine de l’Université de Montréal. Il y dirige les programmes d’études supérieures en bioéthique et le Groupe de recherche en bioéthique. Lors de ses causeries, il s’interroge : Comment se situer comme catholiques face à ces enjeux éthiques et sociaux qui touchent à la dignité de la personne, au concept de la souffrance acceptable et à la dimension chrétienne de la vie et de la mort.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Eric Folot
    - 10 Décembre 2010 à 15:16:44

    Pour plus d’informations, je vous invite à lire mon mémoire de maîtrise en droit de la santé (Université de Sherbrooke et Université Montpellier 1) intitulé : « Étude comparative France-Québec sur les décisions de fin de vie : le droit sous le regard de l’éthique » (2010) que vous pouvez télécharger à l’adresse suivante : https://public.me.com/ericfolot/fr/ Eric Folot

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  • Nom de l\'usager
    Eric Folot
    - 17 Septembre 2010 à 10:22:14

    Il faut distinguer l'aide au suicide de l'euthanasie : OUI à l'aide au suicide, mais NON à l'euthanasie ! Au sujet de la différence entre l'euthanasie et l'aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement affirmer sans nuance qu'il n'existe pas de différence entre les deux : dans un cas c'est le patient lui-même qui s'enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l'autre c'est le médecin qui la retire. Il faut d'abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l'on se situe sur le terrain de l'éthique, on peut raisonnablement soutenir qu'il n'existe pas de différence. Cependant, si l'on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l'euthanasie (qualifié de meurtre au premier degré dont la peine minimale est l'emprisonnement à perpétuité) et l'aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d'emprisonnement). Dans le cas de l'aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l'aide au suicide constitue d'une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été décriminalisée au Canada en 1972, cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu'une complicité que s'il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide) n'est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l'aide au suicide est donc un non-sens. En revanche, l'euthanasie volontaire est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à l'un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l'interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d'autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d'ailleurs aboli la peine de mort en 1976 ! Si l'euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l'esprit, conclure que l'euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d'un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d'abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d'exprimer leur volonté) et les risques d'érosion de l'ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être pris en compte. Les risques de pente glissante de l'euthanasie volontaire (à la demande du patient apte) à l'euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient inapte) ou involontaire (sans égard ou à l'encontre du consentement du patient apte) sont bien réels comme le confirme la Commission de réforme du droit au Canada qui affirme : « Il existe, tout d'abord, un danger réel que la procédure mise au point pour permettre de tuer ceux qui se sentent un fardeau pour eux-mêmes, ne soit détournée progressivement de son but premier, et ne serve aussi éventuellement à éliminer ceux qui sont un fardeau pour les autres ou pour la société. C'est là l'argument dit du doigt dans l'engrenage qui, pour être connu, n'en est pas moins réel. Il existe aussi le danger que, dans bien des cas, le consentement à l'euthanasie ne soit pas vraiment un acte parfaitement libre et volontaire ». Eric Folot

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