L’abbé Laurier Farmer ne se prononcera pas en faveur du suicide assisté. « C’est un mot grave. Brutal. On ne peut pas fournir une corde à un homme pour qu’il se pende. Il est également impossible de penser à lui donner une piqûre pour l’endormir, comme on le ferait avec un chat. C’est trop direct », explique le curé de la paroisse de Sainte-Jeanne-de-Chantal, à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot.
Il modère toutefois ses propos en matière d’euthanasie douce. « Il existe une nuance entre le suicide assisté et l’euthanasie douce. Si l’on débranche un malade maintenu en vie artificiellement, on l’euthanasie. Même situation pour les cancéreux à qui l’on injecte de la morphine pour atténuer leurs douleurs », exprime-t-il.
Il s’inscrit également en faux contre l’acharnement thérapeutique : « L’acharnement, ce n’est peut-être pas ça non plus, la nature. Ce n’est pas la volonté de Dieu, il me semble. Le suicide n’est pas naturel, mais s’acharner sur un patient en phase terminale ne l’est pas plus. »
L’abbé Laurier Farmer prévient qu’il faut être prudent avant d’arrêter son choix. « L’abbé Hubert Doucet a récemment prononcé une conférence à Salaberry-de-Valleyfield, où il a longuement exposé son point de vue. Les gens gagneraient à l’entendre. C’est une question difficile à laquelle on ne peut répondre sans réflexion profonde », déclare-t-il. L’abbé Doucet est en effet fortement opposé à la décriminalisation de l’aide au suicide.
Hubert Doucet enseigne aux facultés de théologie et de médecine de l’Université de Montréal. Il y dirige les programmes d’études supérieures en bioéthique et le Groupe de recherche en bioéthique. Lors de ses causeries, il s’interroge : Comment se situer comme catholiques face à ces enjeux éthiques et sociaux qui touchent à la dignité de la personne, au concept de la souffrance acceptable et à la dimension chrétienne de la vie et de la mort.

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