La Financière agricole possède une enveloppe de 630 M$. Souhaitant réduire cette somme, cette institution a proposé de retirer, dans une proportion de 25 %, les producteurs agricoles moins performants de sa liste de bénéficiaires. Une proposition qui tend à encourager la production agricole la plus efficace possible.
Ainsi, les productions qui ne satisfont pas les critères établis par le comité d’évaluation seraient mises à l’index. Les membres de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec sont fermement en désaccord avec lesdits critères de l’établissement du coût de production, tout comme avec l’ensemble de la proposition. Selon les membres, ces mesures pénalisent les plus petites exploitations et les productions familiales. Ils manifestent toujours leur mécontentement devant ces mesures dites « inacceptables », mais sans trop de succès. Presque définitive, cette proposition de favoriser des entreprises agricoles efficaces est toujours rejetée par l’UPA. L’option de ramener des moyens de pression n’est pas écartée.
Des inquiétudes
Les fermes de grande envergure, ainsi que les productions agricoles en partenariat où plusieurs propriétaires sont associés, jouissent d’économie d’échelle importante. Les coûts de production ainsi réduits, celles-ci s’inscrivent dans le 75 % des entreprises agricoles dites « efficaces » et susceptibles de recevoir des indemnisations en cas de coup dur par la Financière agricole.
En revanche, les petites productions artisanales, familiales, à un seul propriétaire, ainsi que les jeunes entreprises qui connaissent des coûts d’opération plus élevés, tombent dans le 25 % des producteurs « moins efficaces ». Ces dernières, pourtant encore plus durement touchées lors des saisons difficiles, ne pourront pas bénéficier de cette aide financière.
Léo Hurtubise, producteur agricole et président du Syndicat de l'UPA de Très-Saint-Rédempteur, explique que certaines régions sont plus vulnérables en raison de leur éloignement et du choix restreint de culture. Certaines productions entraînent des coûts de production moins élevés, mais encore faut-il être en mesure de pouvoir les cultiver.
Léo Hurtubise se dit encore plus inquiet pour la relève. La proposition de la Financière agricole ajoute au fardeau et décourage cette relève. Ce père sait bien que ses quatre enfants connaissent de bonnes conditions de travail à l’extérieur, et qu’ils sont à même de comparer les avantages et les inconvénients qu’offre le domaine de l’agriculture en comparaison des autres secteurs. « Mais il est encore trop tôt », conclut ce producteur, qui s’interroge face à l’avenir de son entreprise.
Toutefois, monsieur Hurtubise reconnaît un des bons points de cette mesure : les échanges entre les producteurs. Ainsi, le matériel, la machinerie et même les connaissances sont partagés, histoire « de s’en sortir ».

.gif)



.gif)
.jpg)
