Détentrice d’un MBA et d’un baccalauréat en agroéconomie, Kewe Kane a toujours été fascinée par l’agriculture. Croyait-elle toutefois immigrer au Canada? « Lorsqu’on arrive au Québec comme étudiant, il y a des sessions d’information sur les perspectives d’emploi. Comme les possibilités étaient là, j’ai décidé de rester », explique Kewe Kane, de 30 ans. La perspective d’acquérir de l’expérience au Québec l’enchantait également. Avec son expertise en agriculture africaine, elle possède donc une expérience internationale. « Il est plus facile d’immigrer avec un statut d’étudiant. J’ai fait une demande d’immigration et, depuis 2008, je suis résidente permanente », indique-t-elle.
S’adapter
Pour une Africaine, immigrer au Québec exige sans doute une plus grande capacité d’adaptation. « Après avoir vécu le premier hiver québécois, je ne croyais jamais avoir le goût de rester ici », se souvient Kewe. Mais son désir de découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture la séduisait au plus haut point. « C’est toujours enrichissant de voir ailleurs, de mieux comprendre une culture différente, la culture québécoise en particulier. En ce qui a trait à la langue, l’intégration s’est avérée plus facile aussi. Au Sénégal, dans l’ouest de l’Afrique, le français et le ouolof sont utilisés », ajoute-t-elle.
Toutefois, elle admet avoir été un peu désorientée au début. « Bien sûr, on vit un choc culturel; c’est normal. Le quotidien est différent. Ici, les gens courent sans cesse. Ils ont toujours quelque chose à faire. J’avoue qu’au début, j’ai eu quelques difficultés à suivre, pas dans le domaine scolaire, auquel je suis habituée, mais dans les activités de tous les jours », explique Kewe.
Et la nourriture? « Il y a beaucoup de condiments de chez nous qui sont absents ici. Mais, de plus en plus, il y a des marchés au Québec où l’on trouve une grande variété de légumineuses. Le plat privilégié chez nous est à base de riz et de poisson », indique Kewe.
Le premier pas compte
Résidente de Vaudreuil-Dorion, et auparavant de Pincourt,
Kewe n’a jamais aimé les grands centres urbains. Elle préfère de beaucoup vivre en banlieue. « Je n’aime pas les grandes villes. Au Sénégal, ma famille vit à l’intérieur du pays, à la campagne. Les gens y vivent bien, le coût de la vie est bas », explique-t-elle.
Kewe est à la recherche d’un emploi. Elle fait d’ailleurs partie des 30 personnes choisies pour participer à un nouveau programme d’intégration des immigrants. « Le premier emploi est toujours le plus difficile à dénicher », déclare-t-elle. Le domaine de l’agroalimentaire fait partie de ses priorités, il va sans dire. « Vivre ici, c’est ma décision, mais, si jamais je n’arrive pas à trouver un emploi satisfaisant, je pourrais retourner en Afrique », indique-t-elle. En attendant, elle s’implique comme secrétaire au sein de l’organisme Sphère multiculturelle.

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