En partenariat avec l’entreprise américaine Global Clean Energy inc. (GCEI), Salaberry-de-Valleyfield espère devenir la première ville de moyenne dimension à gazéifier ses matières résiduelles et ses rebuts industriels grâce au nouveau procédé de GCEI. À la fin du processus, la Ville pourrait recueillir des quantités considérables (jusqu’à 45 000 litres) de gaz synthétiques et de biodiésel afin d’alimenter bon nombre de véhicules municipaux et de fournir du mazout à plusieurs installations. Aussi, la Ville réduirait de façon considérable la quantité de déchets enfouis et du coup, les frais de transport de ces matières. Pour le maire Denis Lapointe, ingénieur en environnement, ce projet est enthousiasmant. « Les technologies de l’environnement me passionnent et je suis fier que nous mettions en place des essais sur le terrain qui permettront de réduire les coûts sans cesse croissants d’enfouissement des matières résiduelles et permettront des économies d’énergie à la Ville », a-t-il exprimé.
Nouvelle technologiePour les autorités municipales, la réalisation de la gazéification permettrait en effet de grandes économies, assurant ainsi plus de stabilité au plan de la taxation aux citoyens. Par-dessus tout, l’équipe municipale se réjouit aussi que le processus de GCEI soit plus écologique que la technologie de gazéification actuellement utilisée dans le monde. « Tout d’abord, GCEI a mis au point des systèmes pour les villes de plus petites dimensions, ce qui constitue une invention en soi. De plus, l’entreprise a mis au point une technologie qui répond beaucoup mieux aux exigences environnementales en générant beaucoup moins de gaz à effet de serre », précise Denis Lapointe.
Procédé plus écologiqueEn effet, GCEI a élaboré un système de recyclage des déchets à base de carbone qui utilise la vapeur à haute pression et à haute température dans un réacteur sans oxygène. Ce procédé à la fois chimique et mécanique est sans incidence sur l’environnement, contrairement aux systèmes actuels qui visaient surtout à réduire les quantités de matières à enfouir. Cette nouvelle technologie permet également de réduire plus rapidement les matières à base de carbone afin de produire des gaz de synthèse facilement transformables en combustible ou en énergie, selon les besoins. « Cela répond parfaitement au Plan d’action en développement durable et environnement dont s’est dotée la Ville, a dit le maire. Je crois que ce projet aura un impact social et améliorera la qualité de vie », a-t-il signifié, visiblement fier. Il ajoute que ce projet s’inscrit dans la démarche de Salaberry-de-Valleyfield de créer un véritable centre d’attraction pour les entreprises en technologies vertes et en recyclage.
Choix évidentSelon Kenneth S. Adessky, directeur financier et cofondateur de GCEI, le choix de Salaberry-de-Valleyfield pour les essais cliniques était évident. « L’équipe ici représente pour nous le partenaire idéal. Avec leur vision d’avenir et l’accueil qu’ils nous ont réservé, nous pourrons faire une différence et nous imposer comme leader mondial dans les systèmes de gazéification de plus petite dimension. » De son côté, Jean-Pierre Fréchette, directeur du développement des affaires chez GCEI, a ajouté que Salaberry-de-Valleyfield, par sa dimension, sa proximité de Montréal, de l’Ontario et des États-Unis et ses voies d’accès était un choix tout à fait naturel pour l’entreprise. À terme, le partenariat établi entre la Ville et l’entreprise devrait permettre à Salaberry-de-Valleyfield de voir apparaître sur son territoire une usine de fabrication de la technologie actuellement à l’essai.
Retombées majeuresPour le moment, les essais sur le terrain permettront en premier lieu de valider et d’ajuster le procédé de Global Clean Energy, de pair avec des chercheurs de Cascades Canada Inc. et de l’Université Concordia. Sur la base de résultats concluants, et dans une phase subséquente, la gazéification des matières résiduelles devrait permettre de détourner de l’enfouissement plus de 12 500 tonnes métriques annuellement produites dans la capitale du Suroît. Suite aux essais, dont la durée est estimée à 18 mois, la mise en place d’un centre de tri régional et d’une usine de gazéification devrait permettre de traiter entre 30 000 et 50 000 tonnes métriques de matières résiduelles par an. Cette usine pourrait desservir la MRC de Beauharnois-Salaberry en entier et même tout le Suroît. Finalement, d’ici quelques années, Salaberry-de-Valleyfield pourrait être l’hôte d’une usine de fabrication de gazéificateurs qui pourrait créer jusqu’à 75 emplois.

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