Pour les fantômes cependant, il s’agirait plutôt d’une après-vie plutôt tourmentée, comme s’ils n’avaient pas tout réglé au cours de leur vie. Unfinished business. Certains parlent aussi d’un esprit de vengeance. (Pardonnez le jeu de mots.)
L’exemple le plus probant dans notre région : le fantôme de Catherine Trestler. En effet, la chambre au mur de pierre de la maison des Trestler à Vaudreuil-Dorion serait habitée par l’esprit de cette dernière. La question à 64 000 $ : pourquoi?
Catherine Trestler était l’une des filles de Jean-Joseph Trestler, marchand prospère, propriétaire de la luxueuse habitation sise au bord du lac des Deux Montagnes. Jean-Joseph, appelons-le JJ, aurait voulu que ses filles Catherine et Madeleine unissent leur vie à des notables de la région. Mais Catherine ne l’entendait pas ainsi. Elle est devenue amoureuse du commis de son père. Cet impardonnable coup de foudre a entraîné son expulsion de la maison familiale.
En 1809, Catherine Trestler unit sa destinée à Joseph Elzéar Hays en l’église de Cèdres. Furieux, JJ déshérite son propre sang. La fille rebelle et indigne poursuit son père pour l’avoir privée de l’héritage de sa mère.
Elle gagne sa cause après trois ans de querelles intestines. Inhumée dans la crypte de l’église des Cèdres, Catherine déambulerait depuis dans la maison familiale.
S’agit-il vraiment de Catherine Trestler, de sa sœur Madeleine ou encore d’un autre membre de la famille? D’ailleurs, Madeleine a suivi l’exemple de son aînée, épousant elle aussi un homme aux revenus modestes.
Tout récemment, un médium qualifié de crédible a procédé à une expertise à la maison Trestler. Il y aurait perçu des énergies, mais pas nécessairement dans la chambre de Catherine. Selon lui, le haut du grand escalier et la partie ouest de la demeure seraient les lieux les plus visités par les esprits.
Au fil des ans, des témoignages ont corroboré la thèse de la présence d’esprits dans la maison Trestler. Des événements, comme des pierres qui tombent du foyer ou des visiteurs pris d’un malaise, ont contribué au mythe du ou des fantômes de la maison Trestler.
Depuis toujours, la vie après la mort constitue une préoccupation de tous les instants. Toutes les religions conçoivent une après-vie. Est-ce pour donner à l’humain une justification de son existence?
Les Égyptiens de l’Antiquité inhumaient leurs morts avec une foule d’objets dont ils auraient besoin dans leur autre vie. D’autres peuplades, comme les Vikings, procédaient de même afin de rendre plus agréables leur passage et leur vie au paradis : le Vallahla. De son côté, la religion catholique est basée sur la Bonne Nouvelle du Christ, soit la résurrection du corps et la vie éternelle pour les croyants miséricordieux.
L’auteur de science-fiction Arthur-C. Clark a toujours prétendu qu’à chaque décès d’une personne sur Terre, une nouvelle étoile naissait dans le firmament.
L’espoir d’une vie après la mort est un besoin fondamental pour l’être humain. À quoi cela servirait-il de vivre et, surtout, de faire le bien autour de soi et ne pas se laisser gagner par son instinct animal?
Étonnamment dans la région, malgré les légendes, seulement 36 % de la population adulte interrogée croit à la vie après la mort. C’est 5 % de moins que la moyenne provinciale. Et 26 % des lecteurs de L’Étoile n’y croient pas du tout. Les autres (34 %) ne savent qu’en penser.
C’est dans Chaudière-Appalaches que les gens ont le plus l’impression qu’il existe quelque chose après la mort. Près de la moitié des répondants, soit 49 %, est de cet avis. À l’inverse, seuls 37 % des Montréalais pensent se réincarner.
Quant à la présence des esprits ou d’une entité paranormale, 53 % des Vaudreuil-Soulangeois sont certains de ce fait. Au Québec, 52 % de la population croit aux esprits, ce qui est loin des 62 % de citoyens d’Abitibi-Témiscamingue certains de l’existence de « poltergeists ».
Les Montréalais se démarquent à nouveau. Seuls 46 % d’entre eux croient aux manifestations de l’au-delà.

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