Au Comité de la Zone d’intervention prioritaire (ZIP) du Haut-Saint-Laurent, aucun chèque, tant pour les employés que pour les fournisseurs, ne sera tiré jusqu’à nouvel ordre. Seule une personne responsable de l’archivage assurera une permanence téléphonique et certains suivis, son salaire étant couvert par une subvention salariale.
Cette situation se répète chaque année, lorsque les subventions promises par le gouvernement fédéral tardent à rentrer. Ces délais occasionnent des mises à pied, et le fonctionnement de l’organisme est constamment remis en question. Malgré les demandes de subventions, les rapports et les vérifications comptables, le tout dûment rempli et remis à temps au gouvernement, les sommes promises se font attendre.
« Nous avons augmenté notre marge de crédit afin de pallier ces retards, mais lorsque l’argent est attendu depuis plusieurs mois, il devient impossible d’assurer la continuité », explique Claire Lachance.
Les comptes clients d’Environnement Canada (le fonds pour dommages à l’environnement et autres départements ou projets), la Fondation Hydro-Québec et la CRE Montérégie sont toujours attendus.
La seule solution est donc de fermer le bureau en attendant les chèques. « Je trouve cela dommage, car il y a plein de choses à faire, dont la demande de subvention pour un étudiant pendant l’été et une demande à la CRE dans le cadre de la CRRNT, toutes deux pour le 26 février, de même que l’argent à trouver pour la phase II de la Route bleue », précise la directrice générale.
Les sommes attendues, pourtant déjà octroyées, ne sont remises que lorsque l’organisme prouve au gouvernement sa diligence et sa conformité dans l’exécution d’un projet. De plus, des délais importants sont régulièrement gérés par l’organisme, car les paiements échelonnés sur toute une année prennent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant d’être envoyés.
Les agents de projet responsables de l’administration et du suivi des projets des organismes au gouvernement fédéral sont débordés et travaillent à effectifs réduits. Le nombre de ces agents est récemment passé de sept à trois, ce qui entraîne de sérieux retards.
D’autre part, le Comité ZIP du Haut-Saint-Laurent, comme beaucoup de ses homologues, respecte les dates limites des demandes de documents, tandis que le gouvernement, lui, ne garantit pas systématiquement de dates de versement. « Si les organismes pouvaient se fier à des dates butoir, l’administration des comités serait grandement simplifiée », indique Claire Lachance.
Depuis le scandale des commandites, la quantité de documents à produire a augmenté significativement. La directrice générale consacre la moitié de son temps à préparer les rapports pour les bailleurs de fonds et les demandes de financement et de subventions. S’ajoutent à ces tâches l’organisation des activités de financement, la présence aux divers comités et les sessions de travail auprès de partenaires. Il en résulte une réduction constante de la proportion de travail concret d’éducation et de sensibilisation au fleuve Saint-Laurent.
Il y a quelques années, le Comité ZIP du Haut-Saint-Laurent accomplissait trois projets majeurs par année. « Il est maintenant difficile d’en réaliser un seul », ajoute madame Lachance.
Par ailleurs, la notoriété du Comité ZIP du Haut-Saint-Laurent s’est bâtie petit à petit, et cette reconnaissance doit être maintenue. « Nous avons une responsabilité auprès des citoyens et, malheureusement, les gens ont l’impression que nous ne sommes plus là », déplore-t-elle.
En attendant les chèques, une rotation du personnel assure le suivi des demandes de subventions, mais les activités de février sont toutes suspendues. Mars apportera peut-être de bonnes nouvelles.
Le Comité ZIP du Haut-Saint-Laurent travaille à la réhabilitation du fleuve Saint-Laurent, depuis la frontière ontarienne jusqu’au pont Mercier, ainsi qu’à la récupération des usages perdus afin de redonner aux citoyens l’accès à leur fleuve. En plus de la production de feuillets et de fiches techniques et de l’élaboration de Plans d’action et de réhabilitation écologique, on compte notamment les réalisations suivantes sur le territoire de Vaudreuil-Soulanges :
• Route bleue,
• Abris pour dorés jaunes,
• Caractérisation du lac Saint-Louis,
• Plan de restauration de la frayère à dorés jaunes de la rivière Beaudette,
• Nettoyage au quai fédéral de Coteau-Landing,
• Modélisation des habitats au lac Saint-Louis.
Au début de l’année, la députée fédérale Meili Faille a constaté un manque de soutien flagrant lors de sa tournée prébudgétaire. De nombreux organismes communautaires éprouvent les mêmes problèmes financiers et ne peuvent poursuivre leurs activités. Surveillez l’article de Mélanie Meloche à ce sujet dans un prochain numéro.

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