Voyons, réveiller les fusions, ce n’est pas bon
@R:Quand je lis qu’on pense de fusionner nos villes sur l’Île Perrot me vient alors la pensée suivante : Ah non, pas encore… Montréal, Longueuil, Québec, Saguenay, et je ne sais plus trop quelles autres villes ont gobé tous leurs voisins, à l’encontre de la volonté des résidents, donnant pour résultat l’un des événements les plus antidémocratiques de la dernière décennie. Personnellement j’en veux encore au Parti québécois, et à Mme Louise Harel, pour avoir mis cela de l’avant après avoir été élu avec une majorité de sièges mais une minorité de voix. Encore un autre exemple qui met en évidence le fait que ce parti était (et est toujours) déconnecté de sa population. Je me souviens.
À ceux qui pensent que c’est une bonne idée, rappelez-vous qu’un petit gouvernement municipal jouis de beaucoup moins de marge de manœuvre qu’une grosse ville quand vient le temps de taxer ses citoyens ou de leur imposer une restriction quelconque. Et plus une organisation, quelle qu’elle soit, s’élargit, plus elle doit dépenser de temps et d’argent chaque fois qu’elle doit passer à l’action.
Et plus une ville devient grosse, plus ses citoyens sont insatisfaits des services qu’ils reçoivent et des décisions qui sont prises. En fusionnant des municipalités, on réduit la liberté de choix des résidents qui ont préféré un style de vie plutôt qu’un autre. Au lieu d’avoir quatre administrations et styles de gestion sur le territoire, nous n’en aurons qu’un seul. Le pouvoir d’un seul maire, des conseillers et des bureaucrates n’en sera qu’augmenté. Et leurs salaires aussi! Et n’allez pas croire que leur nombre va diminuer pour ainsi réduire les coûts.
Prenez Montréal en exemple. L’ancienne ville était au bord du gouffre financier. La fusion l’aura sauvée. Mais pour combien de temps? N’emportera-t-elle pas les autres avec elle éventuellement? Pensez-vous que les conseillers, élus et employés ont diminué en nombre? Bien au contraire. On avait promis des baisses de taxes, mais tout ce qu’on entend c’est que celles-ci augmentent sans cesse, ayant pour effet d’augmenter tout ce qui s’y rattache. Les loyers, pour ne citer qu’un exemple, ont presque doublé dans certains cas. À cela on nous dira qu’on ne fera pas les mêmes erreurs ou que nous ne pouvons nous comparer à Montréal. Saviez-vous que de plus petites villes comme Saint-Bruno se battent encore aujourd’hui pour se défusionner?
Lorsque je lis qu’une association de gens d’affaires soutient la possibilité des fusions, je ris d’un jaune nerveux. Mais bien sûr, ces gens pensent à leur portefeuille! Voyons! C’est une association de gens d’affaires!
On commence déjà à dire dans les coulisses qu’avec la fusion nous aurons ceci et nous aurons cela. Fini ceci et plus de cela, etc. Je me souviens qu’on disait ça à Montréal aussi et que pas grand-chose a changé, à part le mécontentement des citoyens qui s’est aggravé.
Avoir son propre service de police, pour un maire c’est quelque chose, saviez-vous ça? Cela lui donne un petit velours de savoir qu’il est patron d’une petite « armée personnelle ». Pensez-vous qu’à 33 000 âmes, nous pourrions nous défaire de la Sûreté du Québec et de son service médiocre? Ne serait-il pas possible de parler d’association entre les villes pour certains services, comme ça se fait déjà au Service des incendies et comme ça se faisait avec la police dans le temps? N’allez surtout pas croire aux fables de nos élus présents qu’une fusion va diminuer les coûts d’activité et de gestion. La différence ne vaudra pas le prix que nous paierons.
Je suis venu m’installer dans ce petit coin de paradis avec ma famille, parce que Notre-Dame-de-l’Île-Perrot était ce qu’elle est aujourd’hui : une petite municipalité tranquille, sécuritaire, abordable et surtout bien gérée (à l’exception des derniers mois). De grâce, n’aller pas faire cette erreur. Apprenez donc des erreurs des autres à travers la province.