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Stevens Pearson : un magicien à bord

Mécanicien à bord du Sedna IV lors de Mission Antarctique

Elizabeth Caron par Elizabeth Caron
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Article mis en ligne le 8 juin 2007 à 17:54
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Stevens Pearson : un magicien à bord
Dans sa nouvelle maison de Vaudreuil-Dorion, Stevens Pearson exploite sa propre voilerie : Les Voiles du Suroît.
Stevens Pearson : un magicien à bord
Mécanicien à bord du Sedna IV lors de Mission Antarctique
Le désormais célèbre Sedna IV, le trois-mâts de Mission Antarctique, une mission scientifique d’importance internationale, avait à son bord deux Vaudreuillois : le cinéaste Martin Leclerc et le mécanicien Stevens Pearson. Ils ont tous deux passé l’hiver antarctique sur le navire, l’un à saisir des images exceptionnelles, l’autre à prendre soin du bateau et de tous ses occupants. « Sans Stevens, la mission n’aurait peut-être pas pu se poursuivre », a déclaré Martin Leclerc à propos de ce mécano bien spécial.
Mécanicien chez Air Canada, Stevens Pearson s’est vu remettre par hasard le sort du 165 pieds. Jean Lemire avait brièvement consulté son CV et ce n’est qu’après un bref séjour à bord que le chef de mission engagea Stevens pour sa deuxième grande mission qui les conduirait de l’autre côté de la Terre, sur la péninsule antarctique. Avec un bagage quasi sur mesure, le mécanicien est aussi instructeur de voile et de plongée sous-marine avec une certification nitrox. Malgré tout, à 35 ans il ne croyait jamais pouvoir vivre une telle aventure. Responsable de tous les systèmes à bord — propulsion, électricité, chauffage, approvisionnement en eau douce, gestion des déchets — et chef de la sécurité, Stevens Pearson devait assurer la bonne marche de cette petite ville flottante. « On ne réalise pas à quel point la vie est facile à terre, un simple interrupteur et la lumière ou l’eau jaillissent. »
Coup de cœur
Dans un tel environnement, entouré d’une faune qui ne craint pas encore l’être humain, de glaces sculptées de main de maître, d’une lumière que seul l’Antarctique sait projeter, Stevens Pearson a vécu des moments inoubliables. « Je suis mécanicien, et pour moi, la nature, et surtout le vrai contact avec elle, ne fait pas partie de mon quotidien. Voir un phoque de Weddell avoir son petit a été un moment extraordinaire. » Comme deuxième coup de cœur, il se souvient de la visite pendant quelques minutes d’épaulards lors d’une sortie en Zodiac où le malaise s’est vite changé en extase : « On était dans l’aquarium. »
Coup au cœur
Amarré dans la baie Melchior lors de l’hiver antarctique, Sedna IV, solidement emprisonné par les glaces, devait être à l’abri des vagues et des tempêtes. Mais une nuit d’hiver, en l’absence de banquise, le vent, qui soufflait depuis déjà trois jours, causait de fortes vagues qui soulevaient le voilier violemment, si bien que les ancrages des amarres ont cédé les uns après les autres. Pour éviter que le bateau ne se fracasse sur les rochers de la baie, le chef de mission, Jean Lemire, a donné l’ordre de couper les deux amarres restantes. Sans capitaine (l’hivernage ne demandait aucune expertise en navigation), les manœuvres étaient risquées, et ce sont Stevens et Jean Lemire, dans un parfait consensus, qui ont sorti Sedna et l’on mené dans une autre baie, qui a bientôt été baptisée du nom de baie Sedna. Pour Stevens, la peur ne s’est pas manifestée tout de suite mais par la suite; comme pour tous ses confrères, l’état de choc était réel.
Un seul petit regret
Un voyage sur une telle distance ne se déroule pas sans embûches. Le physique et le moral de l’équipe ont été mis à rude épreuve. Le plus long passage sans voir terre a duré 37 jours; plusieurs tempêtes ont frappé Sedna, et le rationnement en eau était dur à passer. Mais cette mission a permis aux 13 membres qui composaient l’équipage lors de l’hivernage de se dépasser, d’atteindre « une dynamique humaine formidable », de vivre avec les éléments dans une saine complicité. Des conflits ont bien éclaté, mais « il fallait les régler ». Pour Stevens, cette mission a été extraordinaire; son seul regret : « J’aurais aimé participer à l’organisation de la mission ». Il y a deux sortes de monde, ceux qui sont sur la scène et ceux qui regardent. » Pour le mécano de Sedna, regarder, ce n’est incontestablement pas assez!

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