Le dossier de l’eau a marqué la dernière séance du conseil municipal de Saint-Polycarpe, le 10 septembre dernier. (Photo Bianca Diorio)
Des citoyens à la fois impatients et sereins
Problèmes d’eau potable à Saint-Polycarpe
SAINT-POLYCARPE – Le dossier de l’eau potable a pris, comme il fallait s’en douter, toute la place ou presque lors de la dernière séance du conseil de la municipalité de Saint-Polycarpe, le 10 septembre dernier.
La directrice générale de la municipalité, Micheline Déry, a expliqué au public présent, où en était la situation. À cause de la présence toujours possible d’éléments pathogènes dans l’eau brute, l’avis d’ébullition tient plus que jamais. Pas le choix de toute façon, puisque le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs oblige la municipalité à le maintenir.
« Nous essayons de trouver des solutions temporaires afin que les gens puissent enfin boire de l’eau sans crainte », affirme Micheline Déry d’entrée de jeu.
Mme Déry a révélé que les employés, au moins deux en fait, travaillaient pratiquement sept jours par semaine sur ce dossier. «Parmi les solutions temporaires, nous pourrions installer un système d’ultra violet mobile, mais on parle d’un déboursé de 250 000 $. Nous voudrions trouver des moyens plus rapides mais aussi, moins coûteux », de dire Mme Déry.
« Nous comprenons que les gens en aient ras le bol et on est pris là-dedans, nous dit Jean-Yves Poirier, conseiller du siège numéro 1. Nous sommes présentement en phase de caractérisation, en ce qui a trait au réseau d’aqueduc. C’est un exercice qui devrait trouver son aboutissement à la mi-octobre. Par la suite, le Ministère devrait nous faire des recommandations », explique M. Poirier.
Les citoyens s’interrogent
Une citoyenne, Danielle Masse, s’est demandée pourquoi la municipalité n’a pu prévoir de tels problèmes. Micheline Déry a rappelé que, suite à l’affaire de l’E. coli à Walkerton en Ontario, le ministère de l’Environnement de l’époque avaient imposé de nouvelles normes pour assurer la qualité de l’eau. « Cela nous ramène en 2001. En 2003, nous avions fait une demande de subvention au ministère des Affaires municipales pour adapter les installations et on nous avait répondu que les budgets n’étaient pas disponibles. Nous avons fait des pieds et des mains depuis ce temps. De programmes en programmes, nous avons fait des demandes sans résultats. La loi est entrée en vigueur en juin 2006 et nous attendions encore », relate Micheline Déry.
D’autres citoyens, dont Yves-André Séguin, se demandait si des dédommagements étaient possibles, car citoyens comme commerçants ont dû débourser beaucoup d’argent pour se procurer de l’eau embouteillée. « Si nous remboursions, par exemple, 25 % des usagers du réseau, qui soit dit en passant dessert 775 foyers, tout le monde paieraient la note en bout de ligne sur le compte de taxe. Le réseau est à nous tous. Tous les citoyens payent pour l’eau. Tous les citoyens contribuent. Il n’y aura pas de compensation, ni de réduction de la taxe d’eau », d’affirmer M. Poirier. « De toute façon, c’est illégal selon La loi des cités et villes », d’ajouter Micheline Déry.
En attendant, les Polycarpiens comme, les résidents de Sainte-Justine-de-Newton d’ailleurs, doivent continuer à faire bouillir leur eau pendant une minute avant de l’utiliser.