Michel De Bellefeuille est entouré de sa fille, Émilie, de Cécile Legault, sa conjointe, de Serge Tremblay, directeur du service des incendies de Montréal et de son fils, Frédéric, lors de la cérémonie tenue en juin dernier. (Photothèque L’Étoile)
Héros malgré lui
Michel De Bellefeuille vient en aide aux pompiers de Montréal
Peu enclin à se faire traiter de héros et à étaler sur la place publique ses actions, Michel De Bellefeuille n’en est pas moins devenu un dans la soirée du 12 octobre 2005.
Cette journée allait devenir mémorable pour l’homme d’affaires de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot quand il a été appelé pour rendre un service aux pompiers et autorités de Montréal.
Les faits. Le 12 octobre 2005, aux environs de 8 h 45, un fardier d’Excalibur Transports transportant des produits toxiques, renverse dans une bretelle de l’autoroute 40 à proximité de Dorval. Une douzaine de cylindres de 5000 litres chacun, sont pleins d’hydrosulfite de sodium et l’un d’eux, au moins, est transpercé et déverse son contenu. Le hic c’est que personne ne sait comment intervenir avec ce genre de produits et lorsque l’on commence à arroser les produits, un imposant nuage de fumée s’élève au-dessus de Montréal et est visible à des kilomètres à la ronde. Le produit se répand et la situation devient problématique et presqu’incontrôlable.
Déplacer les contenants
En fin de soirée, la compagnie Roxboro est appelée à intervenir pour déplacer les cylindres dans un énorme conteneur. Eux-mêmes font appel à Michel De Bellefeuille, de la compagnie d’excavation du même nom, et ce dernier est dépêché sur place avec l’un de ses engins pour venir à bout du sinistre. « Il est arrivé avec la pelle excavatrice et n’a eu aucune crainte. Il connaissait l’état d’urgence, il savait le travail qu’il avait à faire et il s’est concentré dessus », explique la conjointe du héros, Cécile Legault. Escorté à partir de Sainte-Anne-de-Bellevue, Michel De Bellefeuille a revêtu une combinaison spéciale et a été mis en charge des opérations pendant que tout le monde s’éloignait du foyer de propagation de la fumée. « Il a commencé à déplacer les barils vers 20 h 30 et a terminé aux environs de 1 h 30 du matin. Quand il a terminé il est sorti de la pelle et tout le monde l’a applaudi. Il a été surpris, parce que pour lui c’était simplement son travail », explique Cécile Legault. « C’est quand tout a été fini qu’il s’est rendu compte de la gravité.
Hommage et reconnaissance
Le 6 juin dernier, une soirée reconnaissance s’est tenue à la Grande salle du Chalet du Mont-Royal, dans le but d’honorer les citoyens et les pompiers s’étant démarqués par des actes de civisme et de bravoure entre 2004 et 2005 sur le territoire de Montréal.
Le service de sécurité-incendie de Montréal en a profité pour honorer Michel De Bellefeuille pour sa bravoure lors de cette avarie. « Il ne se voit toujours pas comme un héros, mais les gens qui étaient présents l’ont apprécié. Ils voulaient absolument que tout se termine au plus vite et l’intervention de Michel a empêché que la situation ne dure une journée de plus. Il a évité bien des tracas à ces personnes et ils lui en sont reconnaissants », explique son épouse, fière de lui comme l’ont été ses enfants. « Notre fils, Frédéric, est vraiment fier de son père. Quand il était seul à bord de la pelle excavatrice, il ne pouvait compter que sur lui. Et nous tous, nous comptions sur lui », conclut-elle.