Annik K. Hall croit que la Commission Bouchard Taylor font ressortir la méconnaissance entre les différentes cultures.
Commission Bouchard-Taylor
VAUDREUIL-SOULANGES – La Commission Bouchard-Taylor, qui consulte l’ensemble des citoyens du Québec à propos des accommodements raisonnables, soulève également des opinions dans notre région.
Certaines personnes, comme Annik K. Hall, responsable du Service d’accueil et d’intégration en emploi pour immigrants au CRESO, croit que, au cours des audiences, il y a de belles choses qui se disent, mais que les médias ne ressortent que les points négatifs et les cas extrêmes. « C’est dommage, car on ne parle jamais de ceux qui sont bien chez nous, ceux qui se sont bien intégrés », nous dit Mme Hall. Pour elle, il est clair que beaucoup de gens qui s’expriment négativement souffrent d’un grave manque d’information. « On constate qu’il y a beaucoup d’incompréhension dans certains témoignages. Heureusement, dans la région de Vaudreuil-Soulanges, les gens sont très accueillants. Il y a un sens de la communauté très développé », croit Annik K. Hall qui est d’origine écossaise.
Selon elle, un des points positifs qui ressort de la Commission Bouchard-Taylor, c’est qu’il est beaucoup question d’immigration. « Il est bon que l’on parle d’immigration. Que l’on en parle en bien ou en mal, mais que l’on en parle, c’est important », affirme Mme Hall qui espère que la commission aura piqué suffisamment la curiosité des citoyens et qu’elle va contribuer au rapprochement entre les gens d’ici et d’ailleurs.
Incompréhension
Pour Nubia Davila, Colombienne d’origine et membre du conseil d’administration de Sphère Multiculturelle de Vaudreuil-Soulanges, il est clair que ce qui reflète le plus la Commission Bouchard-Taylor est le manque de compréhension entre les Québécois et les gens d’autres cultures. « Il faut d’abord que les immigrants soient conscients qu’ils doivent s’adapter à une nouvelle culture. En contrepartie, les Québécois doivent comprendre que les immigrants ont des besoins sociaux et économiques à combler », affirme Nubia Davila. Là où le bât blesse, c’est que c’est l’ignorance qui prime. Mme Davila estime que les immigrants qui nous arrivent devraient se documenter sur l’histoire du pays et de la province qui les accueillent. Elle rappelle que si certains Québécois se sentent menacés, c’est parce qu’ils ont toujours eu à se battre pour la sauvegarde de leur langue et leur culture. Elle fait remarquer aussi que s’adapter, ce n’est pas renoncer à sa propre culture.
« Moi je me suis très bien adaptée à la culture d’ici, mais je ne renie pas pour autant ce que je suis profondément, mes racines culturelles », dit-elle en donnant comme exemple les Autochtones du Canada qui n’ont jamais renoncé à leur identité culturelle. Il aurait été intéressant de voir débarquer la Commission Bouchard-Taylor dans notre région, mais si l’on se fie aux propos d’Annik K. Hall et Nubia Davila, il en serait surtout sorti des commentaires plutôt positifs.