Édith Prégent purgera 20 mois dans la collectivité
Gardienne d’enfant et bébé secoué
Une gardienne d’enfants de 44 ans de Vaudreuil-Dorion, Édith Prégent, a écopé d’une sentence de 20 mois, qu’elle pourra purger dans la collectivité, après avoir secoué une fillette de six mois, lui causant des hématomes au cerveau et des hémorragies.
La coupable était passée aux aveux le 17 janvier dernier après avoir échoué un test polygraphique et laisser croire pendant des mois aux enquêteurs que les parents pourraient être les coupables dans cette histoire.
C’est que les parents de la jeune victime n’ont vu que quelques jours après les événements, une bosse sur la tête de leur enfant. À l’hôpital, les soupçons se sont rapidement dirigés vers eux et la DPJ s’est interposée. La fillette, aujourd’hui âgée de 18 mois avait dû, au moment des fâcheux événements, porter un drain pour irriguer et évacuer le sang, en plus d’être hospitalisée pendant plus d’un mois.
Si elle dit regretter son geste posé en octobre 2006, Édith Prégent est heureuse de pouvoir purger sa peine dans la collectivité, et n’a avoué à ce jour qu’un seul épisode violent, même si les médecins en ont relevé au moins deux.
Une mère frustrée
La mère de l’enfant, s’est dite frustrée de la sentence, quelques heures après avoir appris de la bouche du juge les conditions de la peine. « Je suis frustrée, car 20 mois dans la collectivité, c’est comme vivre une vie normale comme vous et moi. Elle est confinée sauf pour plusieurs exceptions, comme d’aller à l’épicerie, chez le médecin, faire des entrevues pour un travail », explique la mère qui vit avec une plus lourde peine. « Je ne fais plus confiance aux autres pour garder mes enfants. Et même si ma fille va mieux aujourd’hui, nous vivons toujours dans la peur qu’il y ait des séquelles à long terme ou des difficultés d’apprentissage », dit celle qui a un couple de jumelle et jumeau. « Quand le jumeau de ma fille dit des mots, nous sommes inquiets qu’elle ne dise pas les mêmes. Nous sommes toujours inquiets et c’est normal », dit la jeune femme, qui admet toutefois que sa fille va beaucoup mieux.
« Je suis toujours avec eux et je ne les ferai plus garder jusqu’à ce qu’ils parlent et qu’ils puissent me raconter qu’est-ce qui s’est passé dans leur journée », dit la jeune femme qui reste à quelques minutes de marche du domicile de l’ancienne gardienne d’enfants. « Elle a secoué ma fille et ne reçoit que 20 mois. C’est rien. Tu fais mal à un enfant et ce n’est pas grave. On dirait que c’est le message qui est véhiculé », déplore la mère qui dit que le juge a répété que ce n’était pas un cas exemplaire.
Entre-temps, la fillette doit être suivie mensuellement par un physiothérapeute et a cessé récemment les examens par scanner qu’elle devait endurer. « Je n’ai pas le goût de revoir cette femme et je ne veux surtout pas tomber sur elle quand elle fera son épicerie pendant ses 20 mois à purger », conclut la mère.