Les patients liés à la CSST ne peuvent débourser afin de recevoir des traitements au privé et le secteur public reste pratiquement inaccessible à cette clientèle.
Conflit d’intérêt et chronicité
Impasse entre physiothérapeutes en pratique privée et la CSST
Dans un récent communiqué, l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec (OPPQ), pose la question quant à la bonne volonté de négociation d’un agent payeur. La Commission de la Santé et de la Sécurité au travail (CSST) entend réduire les coûts et demeure sur sa position dans le conflit. De l’autre côté, la Fédération des physiothérapeutes en pratique privée du Québec (FPPPQ) souhaite une réduction de la chronicité chez les patients.
En plus de l’augmentation de trois dollars de l’honoraire versé pour un traitement, le chapitre de la chronicité suscite des inquiétudes. « Il est clair que le fait de réduire la chronicité en physiothérapie signifie dispenser le traitement adéquat en fonction de la difficulté ou de l’importance de la pathologie, assurer un suivi et consacrer le temps nécessaire à la récupération du rendement fonctionnel optimal du patient afin qu’il puisse réintégrer son poste de travail ou un poste adjacent ».
Les membres de l’OPPQ ne veulent pas avoir à relativiser les services aux patients en fonction des tarifs accordés par la CSST. Paul Castonguay, président de l’OPPQ croit « que l’agent payeur, en l’occurrence la CSST, n’a pas à déterminer unilatéralement le service requis par la personne accidentée du travail ni la valeur associée à ce service. »
Josée Turgeon, physiothérapeute à la clinique de Pincourt, craint qu’une réduction des coûts conduise les patients à un retour prématuré au travail après les huit semaines de traitement ; une situation qui peut mener le patient dans un cycle de problèmes de santé récurrents.
La Fédération des physiothérapeutes en pratique privée du Québec et les représentants de la CSST devraient se rencontrer très prochainement en vue d’un règlement dans ce conflit qui perdure depuis la mi-octobre.