Ramenez notre police municipale
Je viens de lire un article dans la Gazette du samedi 8 décembre faisant mention d’une demande, de la part de maires de plusieurs villes de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, sur le droit d’engager des agences privées avec l’autorité d’émettre des contraventions de vitesse aux automobilistes, à la place de la police.
Cette éventualité m’inquiète, car elle est pleine de potentiel désastreux. De quoi est-ce que je parle, donc? J’ai deux noms pour monsieur le maire Marc Roy de L’Île-Perrot et ses acolytes. André Lalonde, en février 2002 et Benoît L’Écuyer en avril 1996 sont deux policiers tués par balles lors d’interventions de routine reliés à l’application du Code de Sécurité routière. L’agent L’Écuyer de la police de Montréal, est mort à l’issue d’une poursuite automobile, alors qu’il tentait d’intercepter un véhicule pour de la vitesse excessive. Quant à l’agent Lalonde, il est mort en interceptant un véhicule pour une simple infraction se rapportant à un système d’échappement bruyant.
Comme le spécifie le maire de Pincourt M. Michel Kandyba, dans le même article mentionné plus tôt, les gens ont tellement peu de respect pour l’autorité policière, qu’est-ce qui les pousserait à en avoir pour de simples agents de sécurité?
Ces exemples de vies perdues nous rappellent qu’une figure d’autorité, qu’elle soit policière ou autre est une source de menace pour certains usagers de la route qui ne veulent pas que l’on s’intéresse à leurs activités illicites. Certains voient une interception au code de la route comme un retour en prison automatique, s’ils sont en cavale, et sont donc prêts à tout faire pour ne pas y retourner. Tuer un policier pour certains d’entre eux n’est qu’un ajout dans un long dossier criminel, et ce n’est pas la possibilité d’aller en prison à perpétuité qui les en empêchera de poser le geste. Croyez vous que ce sera différent pour un pauvre type payé 20 $ de l’heure.
Prenez comme exemple les agents de la paix de la Société d’Assurance Automobile du Québec (SAAQ) qui interceptent et inspectent les véhicules lourds sur les autoroutes. Leur travail s’apparente beaucoup à ce que M. Roy veut instaurer. Ces gens clament depuis des années le droit de porter une arme à feu. Ils ont déjà un gilet pare-balles et le bâton PR24 de protection. Et leurs tâches ne les amènent qu’à côtoyer une portion bien spécifique d’usagers de la route : les camionneurs et non une quantité exceptionnelle de criminels.
M. Roy prend pour exemple certains endroits aux États-Unis où sont utilisés de tels services. Nous parlons d’une société qui arme les agents de sécurité dans les écoles, universités, les supermarchés et centres commerciaux. Et, où des policiers y meurent à toutes les semaines quelque part à travers ce pays. Tout ceci me fait douter de cette affirmation.
Ce qui devrait être fait, c’est ramener nos policiers municipaux. Ils pourraient s’occuper de la petite criminalité locale, le communautaire (la SQ en est tout simplement incapable) ainsi que de la sécurité routière. Pour un meurtre commis, ou pour l’homme armé et barricadé occasionnel sur notre territoire, on pourrait avoir un système « d’utilisateur/payeur » où l’on recevrait le support de la SQ sur des événements impromptus et facturer pour services rendus. Les services de polices municipaux sont disparus pour une seule et unique raison. La SQ s’est vu menacée de perdre beaucoup de terrain, lorsque les villes s’unissaient pour créer des forces policières intermunicipales. Elle s’est donc vu repousser vers les comtés ruraux et se voyait perdre sa souveraineté sur la province (lisez plutôt pays ou nation) comme police nationale. Ce n’était donc pas dans un souci de fournir de meilleurs services que ces changements ont eu lieu. Il est grand temps que les services que nous avions avant, qui étaient de loin beaucoup mieux que ce que nous avons présentement, reviennent. Et il n’y qu’une seule façon de faire pour les obtenir et c’est de recréer nos forces policières municipales et intermunicipales.