De prof à camionneur – Michel Chagnon voulait un nouveau défi. (Photothèque Première Édition)
Le côté humain du camionnage
De professeur à camionneur
Michel Chagnon ne craint pas les nouvelles expériences. Un an avant sa retraite comme professeur de mathématique au Collège Bourget, M. Chagnon se questionnait sur ce qu’il ferait après l’enseignement. « Je rêvais de conduire des camions lourds », dit-il.
Il a entrepris un DEP de 615 heures en août 2004 au Centre de formation en transport routier à St-Jérôme. « C’est environ 200 heures de théorie et 400 heures de pratique », explique M. Chagnon. « On apprend tout – de la sécurité routière, au chargement à la lecture de cartes routières. Même après 30 ans de conduite en auto, j’ai appris tellement de choses ».
Il a ensuite fait un stage de trois semaines à la compagnie CAT à Coteau-du-Lac et a été engagé par la suite.
Il a adoré voyager majoritairement aux États-Unis, du Kansas, à la Floride, à l’Oklahoma. « Les paysages sont merveilleux et les routes sont les meilleures au monde », dit-il.
Le respect du camionneur
M. Chagnon a beaucoup apprécié la complicité et l’entraide entre les camionneurs. « Les gars sont respectueux entre eux parce qu’ils savent que le métier est difficile ». « Il y a toujours quelqu’un qui va t’aider si tu as besoin ».
Cependant, les automobilistes canadiens sont moins courtois que les américains, dit-il. « Aux États-Unis, les autos te signalent pour te laisser passer. Ils sont plus courtois envers les camionneurs. Peut-être sont-ils plus conscients. Au Québec et en Ontario, plusieurs voient le camion comme un ennemi ». En fait, les gens devraient être conscients de la difficulté à manœuvrer un camion. « Par exemple c’est long dépasser avec un camion. Il faut nous laisser une chance ».
Besoin de relève
M. Chagnon a été quand même surpris que peu de jeunes choisissent le métier de camionneur. « L’âge médian est quand même élevé et la relève est faible ».
Selon le recensement de 2001, il y aurait 263 510 camionneurs au Canada, mais que la moyenne d’âge est plus de 40 ans et près de 36 % de camionneurs ont au moins 45 ans.
De plus, le taux de roulement est assez élevé dans le domaine et plusieurs camionneurs prendront leur retraite d’ici peu.
« Ce n’est pas tout le monde qui veut être loin de sa famille souvent », dit-il.
Contrer la solitude
Malgré les expériences inoubliables et les paysages magnifiques, M. Chagnon croit que la solitude est un des aspects les plus difficiles du travail. « Je peux partir 10 ou 14 jours en camion et revenir pour trois ou quatre jours de repos. Ce qui me manque beaucoup, c’est ma femme, ma famille ». De plus, la vie sociale prend un coup puisque les horaires sont très variables et les congés ne tombent pas toujours la fin de semaine.
« Mais après 33 ans avec des élèves dans une classe, le silence fait du bien », dit M. Chagnon en blaguant.
Pourtant, M. Chagnon est de retour au Collège Bourget à temps partiel puisqu’il veut être un peu plus proche de sa femme. « Je vais probablement retourner au camionnage un jour, mais peut-être prendre plus de temps entre les voyages ».