Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, se dit satisfaite à l’issue du Sommet de Bali.
Ni échec, ni victoire
Sommet de Bali sur les changements climatiques
La 13e conférence des parties tenue à Bali aura timidement atteint ses objectifs. Pour une première fois, 187 pays industrialisés et en voie de développement étaient réunis à une même table afin que tous cheminent vers la prochaine étape de l’après Kyoto. Le premier objectif de rassembler les principaux émetteurs de CO2 dont la Chine, les États-Unis, l’Australie et l’Inde s’est concrétisé. Le deuxième objectif visait l’élaboration d’une « feuille de route » vers un accord climatique planétaire d'ici la fin de 2009. Ce qui a été fait. Cependant, plusieurs s’attendaient à des objectifs concrets, chiffrés et, à ce chapitre, les pourparlers ont avorté, malgré une extension de la durée du sommet. Devant l’urgence d’agir, le Groupe d'expertes sur le climat (GIEC) espérait et préconisait une réduction chiffrée des émissions des pays industrialisés.
Première conclusion de Moritz Leuenberger après l'adoption du texte: « C'est plus que nous espérions. » « Mais il reste beaucoup à faire. » Au pays, les écologistes partagent leur déception. Chez les politiciens, les opinions sont mixtes. John Baird, ministre de l’Environnement, se dit déçu de ce « faible accord ». Le chef du Parti libéral, Stéphane Dion, demeure optimiste face à l’ensemble des négociations mais se dit fortement déçu de l’accueil fait au Canada, à la conférence. Une réaction bien légitime de la part des représentants à la suite des propos du premier ministre Stephen Harper. Le Canada devra maintenant faire face aux conséquences du désintéressement et de l’inaction de ses politiciens.
Une feuille de route
À Bali, les délégués ont donc établi un cadre de travail afin de sauver l’essentiel et de mieux diriger les négociations des deux prochaines années. Le ministre indonésien de l'Environnement et président de la conférence, Rachmat Witoelar, a déclaré: « Désormais, nous avons une feuille de route de Bali, nous avons un agenda et nous avons une échéance. »
Ainsi, sur la feuille de route, l’ensemble des pays développés s’engagent à agir au plan national. Il s’agit d’actions « vérifiables et mesurables », « notamment une limitation des émissions et des objectifs de réduction quantifiés, tout en garantissant la comparabilité des efforts entre eux, en tenant compte des différences dues à leur situation nationale ».
La conférence aura également apporté son lot de promesses. L’Union européenne promet de réduire de 25 à 40 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2020. L’Australie, autrefois étrangère au protocole, se lance dans la lutte au réchauffement climatique avec les autres pays. Quant aux États-Unis, ils préfèrent maintenir leur position et lutter seul.
Et après…
Voici le calendrier des prochaines conférences, rappelons que l’accord de Kyoto prend fin en 2012.
• Mars/avril 2008, session de négociations post Bali;
• Novembre/décembre 2008, suite des négociations à la Conférence sur le climat à Poznan, Pologne;
• Décembre 2009, établissement d’une date de fin des négociations sous l’égide de l’ONU à la Conférence sur le climat à Copenhague;
• Fin 2012, établissement d’une date limite pour la ratification d’un nouvel accord sur le climat.
« Dans deux ans, il faudra avoir quelque chose sur la table. Car plus on attend, plus l'impact du réchauffement sera important et les coûts aussi.»
Martin Beniston, membre du GIEC