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« Une mission sans fin »

Article mis en ligne le 30 janvier 2008 à 0:46
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« Une mission sans fin »
Ce seul commentaire fort juste de Michel C. Auger concernant la politique conservatrice en Afghanistan résume fort bien l’opinion québécoise. La saturation de la propagande du gouvernement, de l’armée et des médias arrive à son terme lorsque l’on apprend que le retrait des troupes prévu en 2009 serait reporté en 2011 et davantage si possible.

Heureusement, l’opposition publique face à cette opération votée sous les libéraux et maintenue en l’amplifiant par le gouvernement Harper impose un débat. Devenue catastrophique pour nos finances (6G$) et funeste pour nos soldats (78 tués), c’est à près de 80 % que les Québécois rejettent cet engagement sans fin. Pourquoi donc? Parce qu’il fut mal défini au départ (2001). Le volet militaire annulant le volet humanitaire explique l’enlisement actuel. Aussi, l’opposition publique pense-t-elle avec raison que les sommes astronomiques consacrées à la guerre sont soustraites de la lutte contre la pauvreté ici et ailleurs et de la lutte contre l’ignorance que cultivent tous les fanatiques.

Si M. Harper ne veut pas, comme il l’a dit, tenir compte des sondages, ce sera à ses risques et périls. Reste à souhaiter que tous les élus québécois respecteront l’opinion largement répandue d’une opposition grandissante. L’histoire récente de la défaite humiliante de la Russie en Afghanistan devrait leur servir d’indice. De plus, les exemples d’Israël et de la Palestine comme de celui de l’Irak devraient également servir à les convaincre de nous épargner du désastre hautement prévisible. La population, qui n’a d’intérêt que pour la paix et l’aide au développement, n’oublie pas qu’il s’agit d’une occupation guerrière d’un autre pays. Elle sait d’expérience que cette « paix des armes » crée davantage de terroristes dans le monde.

Où en sommes-nous présentement et qu’observe-t-on déjà ici? On voit les apprentis sorciers courir aux tribunes pour nous annoncer commandes et contrats du grand complexe militaire américain. Comme à l’époque de Reagan en appui aux dictatures américaines du Chili, du Nicaragua, du El Salvador, etc., Montréal et Laval se transformeront à nouveau en un gruyère d’industries militaires d’appoint. « Pour la guerre, me disait un ami, on trouve toujours de l’argent. » Et c’est connu, les conservateurs serviront toujours les maîtres de la guerre.

Le Québec doit se préparer à manifester une opposition ferme et sans détour. Nous devons dire massivement à M. Harper ainsi qu’à ses acolytes, élus ou non, que leur politique guerrière ne passe pas chez nous.

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