Réunis à la Marina Campi de Salaberry-de-Valleyfield, les gens d’affaires, industriels, environnementalistes, organisations maritimes et responsables politiques ont partagé les nouvelles normes environnementales en transport maritime.
Deux alliés d’avenir
Transport maritime et environnement
Le 28 février dernier, les clientèles intéressées par le transport maritime se sont réunies afin de discuter de l’intégration des préoccupations environnementales au transport maritime sur le Saint-Laurent.
C’est pour démontrer l’importance de l’industrie portuaire comme joueur environnemental, particulièrement dans la lutte contre les gaz à effet de serre (GES), que Marc Hudon, conseiller en environnement, a présenté sa conférence. Offerte dans les villes portuaires du Saint-Laurent, en partenariat avec les Amis de la Vallée du Saint-Laurent et le Comité ZIP du Haut-Saint-Laurent, la conférence dévoile les enjeux entourant le transport maritime et les solutions en vue.
Une seule ombre au tableau toutefois. Claire Lachance, directrice du Comité ZIP du Haut-Saint-Laurent, déplore l’absence de participation des intervenants de Vaudreuil-Soulanges. L’intérêt ou l’appartenance ne sont tout simplement pas ressentis l’autre côté du pont. Ou serait-ce la venue prochaine de la gare intermodale qui représente, en quelque sorte, une compétition au transport maritime?
Avantages et inconvénients du transport maritime
Les avantages environnementaux du transport maritime sont nombreux, particulièrement sur le plan de l’économie énergétique. Pour transporter une même charge, le transport maritime économise de 10 à 20 % d’énergie. Il produit 10 fois moins de GES que les camions et 2 fois moins que les trains par tonne au kilomètre. De plus, le transport maritime contribue à diminuer la congestion sur les routes. Par conséquent, il diminue les besoins d’entretien et de développement du réseau routier et réduit les risques d’accident.
Toutefois, les inconvénients de l’option maritime doivent également être pris en considération lors du choix de transport. Ainsi, au transport maritime sont associés des impacts sur les écosystèmes du fleuve : dérangement des habitats, érosion des berges, introduction d’espèces envahissantes, rejets d’eaux usées et déversements d’hydrocarbures. Sur le plan de la qualité de l’air, l’usage du mazout lourd entraîne des émissions d’oxydes d’azote, de rejets sulfuriques et de particules fines. Enfin, l’augmentation du trafic maritime pourrait entraîner des conflits d’usage avec les plaisanciers, les pêcheurs et les propriétaires riverains.
Des solutions
Quant aux rejets d’eaux usées et des résidus de cargaison, la Loi de la marine marchande du Canada 2001 et ses règlements d’application (2007) représentent un bon départ. Mais il est certain qu’un resserrement des normes serait bénéfique pour la qualité des plans d’eau.
Le Plan d’action québécois sur les changements climatiques (2006-2012) prévoit un potentiel de réduction ou d’évitement des GES de 80 kt, et les innovations technologiques en efficacité énergétique augurent un potentiel de réduction de 900 kt.
D’autres remèdes en développement tels, la minimisation de la fonction motrice, l’usage de génératrice à quai et l’usage de diésel léger sont applicables. La réduction de vitesse entre Montréal et Sorel est un autre bon exemple de bonnes pratiques environnementales. L’Alliance verte en recommande toute une série : réduire le temps d’opération et de marche au ralenti grâce à une meilleure planification, optimiser l’assiette et le chargement des navires et optimiser le performance des moteurs par entretien préventif.