David Girardville, agronome, et Daniel Séguin, producteur agricole, lors du dixième anniversaire du Club agroenvironnement du Suroît. Sur la page couverture, Michèle Caron et Daniel Séguin sur leur ferme de Très-Saint-Rédempteur.
« On ne peut plus se passer des services de notre conseiller; je ne reviendrais plus en arrière. » – Daniel Séguin
Travailler avec la nature
Daniel Séguin, membre du Club agroenvironnemental du Suroît
Daniel Séguin possède une ferme laitière de 65 vaches et 75 hectares de culture. Dès sa première rencontre avec David Girardville, agronome du Club agroenvironnemental du Suroît, les choses ont changé pour le mieux.
Membre du Club agroenvironnemental du Suroît depuis 1998, Daniel Séguin de Très-Saint-Rédempteur travaille fort à réduire les impacts de sa ferme sur l’environnement. Aujourd’hui, les résultats sont plus que concluants, les économies substantielles, les méthodes simplifiées et l’environnement respecté.
Tous ces avantages, Daniel Séguin les doit à David Girardville et au Club agroenvironnemental du Suroît. « Les clubs-conseils sont des regroupements volontaires de producteurs et de productrices agricoles, dont l’objectif est de favoriser le développement durable des exploitations agricoles québécoises en adoptant des pratiques respectueuses de l’environnement. » Et pour une première fois, les producteurs agricoles bénéficient d’un avis neutre, rattaché à la production et aux caractéristiques propres de l’élevage ou de la culture selon les propriétés de leur terre et du milieu.
Changer pour économiser, récolter et protéger davantage
Après un diagnostic des bilans minéraux, une meilleure gestion du fumier et une réduction des fertilisants entraînent économie de temps et d’argent et réduction des impacts environnementaux. Ainsi, plusieurs changements ont été apportés à la Ferme Séguin. Tout d’abord des modifications aux structures, dont l’ajout d’une fosse étanche à fumier, ont permis de protéger l’environnement immédiatement. Grâce à la simplification de la gestion de l’épandage, monsieur Séguin épand maintenant son fumier tout au long de l’année pour une fertilisation améliorée.
L’économie des coûts de fertilisants ainsi réalisée ne représente pas le seul bénéfice. Grâce à la culture d’engrais dits verts, la nature fait le travail. La décomposition des plants entraîne une séquestration naturelle des fertilisants.
D’autre part, le contrôle des mauvaises herbes rappelle souvent une guerre interminable où les herbes et les herbicides sortent gagnants. Mais grâce à des analyses et à des observations du sol, sur la ferme de monsieur Séguin les herbicides ne sont maintenant utilisés qu’au besoin. Si bien qu’en 2007, la culture du blé a été réalisée sans herbicides. De plus, comme tous les producteurs agricoles qui suivent les conseils du Club, une meilleure calibration du pulvérisateur a engendré des économies considérables.
Une approche gagnant-gagnant
Mais c’est sans doute au chapitre de la conservation du sol que les impacts sur l’environnement se trouvent réduits. L’amélioration des rotations et surtout la technique du semis direct se traduisent par une économie du travail de la terre, donc de la main-d’œuvre et de l’utilisation des équipements. Pour contrer le problème de la relève et l’augmentation des coûts de main-d’œuvre, une réduction du temps de travail particulièrement au printemps et à l’automne, s’avère fort efficace. Du côté de l’équipement, monsieur Séguin prépare et travaille sa terre avec deux machines seulement plutôt que quatre. Ici encore, l’économie est substantielle, tant pour l’entretien et l’amortissage des équipements que pour la consommation de carburant. L’impact sur l’environnement est réduit à bien des chapitres : diminution des gaz à effet de serre, réduction du lessivage et de l’érosion et donc de la contamination des terres et des cours d’eau avoisinants.
Le semis-direct permet également de réduire l’« abbattance », c’est-à-dire la compression du sol par les éléments comme la pluie. La préparation de la terre étant réduite à sa plus simple expression, l’année dernière Daniel Séguin, a semé ses terres les 7 et 8 avril pour des récoltes hâtives.
La perte de rendement représente la plus grande inquiétude d’entreprendre ce virage vert en agriculture. Pourtant, il suffit de parler à Daniel Séguin, qui économise ainsi temps, ressources et argent, pour comprendre que le frein n’est pas le rendement, mais plutôt le producteur. Pour tous ceux qui désirent redémarrer du bon pied et trouver une solution écologique à leurs problèmes, l’adhésion au Club agroenvironnemental du Suroît est à considérer.
« On ne peut plus se passer des services de notre conseiller; je ne reviendrais plus en arrière. » – Daniel Séguin