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Pierre Cholet n’est pas disparu en 1845…

Découverte historique importante au Centre d’histoire La Presqu’île

Marie-Jacinthe Roberge par Marie-Jacinthe Roberge
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Article mis en ligne le 1 avril 2008 à 23:05
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Pierre Cholet n’est pas disparu en 1845…
Image représentant Pierre Cholet, tirée de l’ouvrage de Jean-Baptiste Proulx.
Pierre Cholet n’est pas disparu en 1845…
Découverte historique importante au Centre d’histoire La Presqu’île
À la lumière des recherches historiques effectuées au Centre d’histoire, le récit de l’enfant perdu et retrouvé de Saint-Polycarpe en 1845 est truffé d’erreurs. On vient même de découvrir que les faits se seraient plutôt déroulés en 1846…
Le périple haut en couleur de Pierre Cholet est connu de bien des gens dans la région et même partout au Québec. Il a été répandu par une longue tradition littéraire, transmise depuis 1887 par l’ecclésiastique Jean-Baptiste Proulx, racontant le récit transmis par Pierre Cholet lui-même.
Faits inusités
Le compte rendu de l’abbé Proulx stipule qu’un événement tragique s’est produit à Saint-Polycarpe en 1845. Un colporteur aurait, par ruse, enlevé trois enfants dans la côte Sainte-Marie, dont Pierre Cholet. Il les aurait vendus à un capitaine de bateau amarré dans le port de Montréal. Après une longue traversée de l’Atlantique, pendant laquelle l’un des enfants serait mort, les deux autres enfants, les frères Pierre et Toussaint Cholet, auraient vécu à St-Malo et y auraient fréquenté l’école. Ils auraient ensuite parcouru le monde comme matelots au service d’une compagnie maritime. En 1870, Pierre aurait déserté au Labrador avec Toussaint, lequel serait mort au cours du voyage. Pierre Cholet aurait par la suite réussi, après onze années de recherches remplies d’embûches et de souffrance à travers le Québec et l’Ontario, à retrouver ses parents en septembre 1881 à Saint-Polycarpe…
Faits saugrenus?
Or, les dernières recherches effectuées par le Centre d’histoire La Presqu’île prouvent que cette saga rocambolesque de Pierre Cholet est pour le moins contestable. Jean-Luc Brazeau, archiviste et directeur du Centre d’histoire, s’est attelé à vérifier les faits historiques de cette histoire pour vite se rendre compte que nombre d’entre eux sont inexacts, voire impossibles. Malgré que le livre de l’abbé Proulx assurait relater la « pure et simple vérité », la consultation des archives, la recherche dans les documents, la critique historique, la mise en contexte de témoignages inédits et de lettres manuscrites de Pierre Cholet ont rapidement démontré de grandes erreurs. Dans une conférence prononcée le 19 mars dernier au Centre d’histoire, Jean-Luc Brazeau avait démoli ou remis en question nombre de faits relatifs à l’aventure de l’enfant perdu et retrouvé. Voilà maintenant qu’il vient de trouver la preuve incontestable que l’histoire ne s’est même pas déroulée en 1845, mais bien un an plus tard. De quoi surprendre les amateurs d’histoire régionale, les archivistes et tous ceux qui ont réédité et endossé le récit de Pierre Cholet depuis 1887… Vraisemblablement, la légende de Pierre Cholet ne correspond pas à la réalité.
Conférence fascinante
Afin de dévoiler ses preuves, Jean-Luc Brazeau convie les amateurs à une seconde conférence sur le sujet le mercredi 16 avril au Centre d’histoire. Le résultat de ses recherches historiques saura assurément tenir les interlocuteurs en haleine et les laisser pantois… Cependant, par ses démarches, Jean-Luc Brazeau ne cherche pas à détruire le récit de Pierre Cholet. Par souci de rigueur, il veut plutôt rétablir les véritables faits historiques. Il reconnaît néanmoins la valeur de l’ouvrage. « C’est une histoire émouvante qui laisse une grande place à la morale et à la Providence, qui reflète l’importance du rôle familial de la mère à l’époque et qui transpire la persévérance et le courage », explique-t-il.

Afin de découvrir les détails des découvertes de Jean-Luc Brazeau et de savoir quels mystères il en reste, il faut assister à la conférence de M. Brazeau le mercredi 16 avril. Pour plus de renseignements, il faut composer le 450 424-5627 ou écrire à archives@chlapresquile.qc.ca.

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