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135 pertes d’emploi

Béton Grilli déclare faillite

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Article mis en ligne le 17 janvier 2007 à 18:01
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135 pertes d’emploi
Béton Grilli, dont le siège social est situé à Vaudreuil-Dorion, a déclaré faillite en décembre dernier. (Photo Daniel Cuillerier)
135 pertes d’emploi
Béton Grilli déclare faillite
VAUDREUIL-DORION-Le temps des fêtes des 135 employés de la compagnie Béton Grilli, dont le siège social se situe à Vaudreuil-Dorion, a été assombri par l’annonce d’une fermeture, le 28 décembre dernier.
« Vers 15 h 45, la contremaîtresse est venue nous dire de ramasser nos outils, parce que la compagnie fermait. C’est tout ce qu’on nous a dit », révèle l’un des cinq employés qui étaient sur les lieux à effectuer des travaux de maintenance. Les employés en congé des fêtes ont été avisés, par leur contremaître, par téléphone. « La compagnie est en faillite, les opérations sont arrêtées, nous a-t-on dit simplement », mentionne un travailleur.

Sur la dernière paie des employés, ni les heures supplémentaires ni le 4 % n’ont été payés. « Nous n’avons pas reçu nos papiers de cessation d’emploi. On a fait nos demandes, mais on attend nos papiers officiels. Pour ceux qui ont des familles à faire vivre, l’attente sera difficile », a déclaré Luc Lapierre, chauffeur pour Béton Grilli.

Sont touchés par ces fermetures : le siège social, les usines de Lachute, Vaudreuil-Dorion et Lanaudière ainsi que la sablière et gravière Saint-Télesphore. L’usine de L’Orignal en Ontario a cessé ses activités à l’été 2006 parce que le terrain en location chez Construction Bertrand n’aurait pas été payé. Les sablières et gravières de Rigaud et Pointe-Fortune avaient, pour leur part, été fermées plus tôt parce qu’il n’y avait plus de sable et gravier à y puiser.

Depuis l’annonce de fermeture, la machinerie a été rapatriée dans la cour du siège social à Vaudreuil-Dorion ainsi que dans le garage de l’usine de Lanaudière pour être vendue à l’encan prochainement.
Les créanciers n’ont rien reçu
Placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers depuis un an, Béton Grilli et Béton Grilli Canada, dont les principaux actionnaires sont respectivement Daniel Cadieux et Line Boivin, ont cumulé des dettes supérieures à 29M$.

Les employés savaient que l’entreprise éprouvait des difficultés financières, mais ils affirment que leurs patrons prétendaient que la situation s’améliorait. En septembre 2006, Daniel Cadieux, président et directeur général de Béton Grilli, affirmait que l’entreprise avait franchi une première étape et que son plan de restructuration, homologué par la Cour supérieure du Québec à la fin du mois d’août 2006, avait été approuvé par les créanciers.

M. Cadieux mentionnait qu’il devait obtenir un nouveau crédit d’exploitation ainsi qu’un financement de près de 20M$. Il affirmait alors être en pourparlers avec deux entreprises, dont GE Financement Commercial et Third Eye Capital. Ces entreprises ont refusé de commenter. À ce jour, selon nos sources, aucun créancier n’a été remboursé par Béton Grilli.

Les difficultés rencontrées par Béton Grilli seraient dues, selon une déclaration de Ernst & Young, en septembre dernier, à un plan d’expansion trop ambitieux et à un processus administratif interne trop lourd.
L’économie régionale durement frappée
Béton Grilli et Béton Grilli Canada employaient en décembre 2005 près de 185 personnes. Leur effectif avait ensuite été diminué à 150 personnes, puis à 135 jusqu’à ce que la faillite soit déclarée en décembre 2006.

Dans la région, à ces 135 personnes qui viennent de perdre leur emploi, s’ajoutent les 800 travailleurs (dont 217 de Vaudreuil-Soulanges) de l’usine Goodyear de Salaberry-de-Valleyfield qui seront licenciés d’ici le mois de juin.

Toujours en 2006, Gildan (155 emplois) a cessé ses activités à Salaberry-de-Valleyfield. En 2005, six usines de textile (800 emplois) fermaient leurs portes à Huntingdon.

Les employés du transport chez Béton Grilli gagnaient entre 16 $ et 17 $ de l’heure en plus de faire des commissions par voyage et ceux des bétonnières, faisaient près de 19 $ de l’heure. On sait que chez Goodyear les salaires tournent autour de 25 $ de l’heure. La perte de ces masses salariales aura un impact sur l’économie locale. Sans parler des créanciers non remboursés de Béton Grilli et des sous-traitants qui sont et seront affectés par ces fermetures.

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