L'heure des bilans
Des dizaines de milliers d'Américaines et d'Américains scandaient NO WAR devant la Maison-Blanche en fin de semaine dernière. Est-ce le début d'un mouvement général de contestation qui s'amorce? Si oui, ce serait une nouvelle très encourageante.
On aura remarqué que le message était clair. « Le silence ne peut plus durer » affirmait la porte-parole militante, Jane Fonda. Ce n'était pas juste une dénonciation. Les manifestant(e)s proposaient leur priorité : « Que nos impôts servent à solutionner nos problèmes internes ». Cette position lucide et courageuse venait appuyer plus solidement encore un désaveu public du gouvernement Bush en Irak.
On se met à souhaiter que d'ici peu les Québécois fassent la même démarche devant le parlement d'Ottawa pour dire au gouvernement Harper qu'il fait fausse route en Afghanistan. Comme les Américains, les Québécois n'acceptent pas de faire la JOB de gendarmes de la planète.
Ainsi, lors de son bilan, le candidat conservateur aspirant à nous représenter à Ottawa a pris bien soin d'ignorer la première décision d'importance prise par son gouvernement : l'effort de guerre à hauteur de 17 milliards consolidant la politique antérieure des libéraux. Nous voilà pris à notre tour dans une véritable foire d'empoigne, au moment où les Américains fustigent leur président pour sa propre turpitude. Nous risquons de nous enliser comme eux, mais en Afghanistan.
On essaie bien de nous convaincre, par des images touchantes de nos soldats distribuant des cadeaux aux enfants en avant-midi. C'est le volet humanitaire. Et que font-ils l'après-midi, nos bons soldats? Ils dynamitent, bombardent, détruisent et tuent. Il y a déjà longtemps que la catastrophe est annoncée par plusieurs observateurs sur le terrain. James Watson de Care Canada n'est pas des moindres. Sa déclaration du début de janvier, au ton et langage aussi lucides et courageux que ceux des manifestants américains, ne laisse pas de doute. Son jugement est sévère : « Il est désolant, disait-il, de constater que mon équipe ne puisse faire son travail d'aide aux Afghans. Il m'est impossible de travailler dans un cadre d'intervention à deux volets l'un humanitaire, et l'autre militaire. C'est un projet vicié au départ. Si c'était à refaire, je m'abstiendrais. »
Votre bilan monsieur le ministre est visiblement incomplet et affreusement complaisant. Actuellement, votre gouvernement n'est pas le reflet de nos priorités contrairement à ce que vous prétendez.
Nous joignons nos voix à celles des Américaines et des Américains s'adressant à leur président pour dire à notre premier ministre, NON À LA GUERRE et que nos impôts servent à régler nos problèmes internes.
Les intérêts du Québec méritent beaucoup mieux que cette folie meurtrière.
Michel Giroux
Rigaud