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Ministre en mission commandée

Article mis en ligne le 27 mars 2007 à 17:12
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Ministre en mission commandée
De quelle mission s’agit-il? C’est que le Québec tout entier attend une annonce d’importance. Le terrain est tout fin prêt.

D’abord M. Charest nous a prévenu d’être gentils sinon…À plus forte raison si le grand argentier d’Ottawa avait le goût de se montrer généreux. Alors là, il faudra être non seulement polis mais reconnaissants pour le « cadeau » tant attendu.

La rencontre sur le parvis de l’église Saint Patrick pourrait même nous laisser croire au miracle. Mais personne n’est dupe de la mise en scène. De son côté, le ministre non élu y va d’une condition: que le vote soit fédéraliste. Ah ça, oui. Il le souhaite tellement fort qu’il en fait presqu’une exigence. Tout le monde comprend ceci : donnez-moi votre vote et je vous promets, avec mon chef, de vous remettre ce qu’on vous doit.

La solennité tapageuse du geste, pas plus que le chantage, ne doivent nous faire oublier que c’est un dû et non un cadeau. Monsieur Yves Séguin avait compris cette nuance importante. Tout compétent était-il, monsieur Charest lui a rappelé qu’on ne critique pas impunément le grand frère fédéral. Car c’est pour avoir démontré, expliqué et chiffré le «siphonage» du gouvernement central qu’il le sacrifia. Nous sommes en droit de nous demander à quoi servent donc les compétences d’une équipe que le premier ministre prétend de nouveau posséder?

Parlons plutôt affaires. En saine gestion, nous devons avoir deux exigences. La première, le montant à recevoir doit couvrir la totalité de la dette d’arrérages et non 50 à 70 % de l’estimation. La deuxième, l’assurance donnée aux Québécois que le déséquilibre fiscal ne se produira plus. Advenant la non-garantie de ces deux exigences, nous devrons conclure que l’opération a échoué. Les émissaires du fédéral n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Il nous restera à leur souhaiter de rencontrer la résistance méritée des électeurs. Les Québécois refuseront toujours de faire l’éloge d’un système qui les dépossède, petit à petit, de leurs propres moyens. Notre espace de liberté en dépend.

Et monsieur Michael Fortier est de ceux qui devraient le savoir depuis longtemps.

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