Myriam Aboumerhi en action.
Myriam Aboumerhi saute droit vers sa passion
Joueuse de volleyball de plage parmi les meilleures au Canada
Les Cèdres – Myriam Aboumerhi n’a que 22 ans, mais elle joue au volleyball depuis les 11 dernières années. La jeune femme de Vaudreuil-Dorion veut maintenant passer à un tout autre défi et prendre l’air.
L’air de la plage. L’odeur du sable, de la crème solaire, la musique des groupes en vogue et la vision d’une foule de jeunes animés par la performance d’athlètes de grand talent, les joueurs de volleyball de plage.
« J’ai beaucoup joué au volleyball intérieur, mais après le cégep, j’ai goûté au volleyball de plage. J’ai aimé ça et je voulais aller plus loin », dit la joueuse de centre des Carabins de l’Université de Montréal qui a reçu son brevet d’athlète de volleyball Canada pour ce sport cette année. « J’ai été sélectionnée en début d’année et je vise maintenant les Jeux olympiques de 2012 et de 2016 », dit celle qui fait équipe avec Magalie St-Georges. « Au Québec, ce sport est très fort. On n’a qu’à penser à Annie Martin ou Marie-Andrée Lessard et Sarah Maxwell, des filles qui ont fait de ce sport ce qu’il est devenu aujourd’hui. Elles visent d’être aux olympiques de 2008 et elles devraient y parvenir à mon avis. Huit des 14 meilleures joueuses de volleyball de plage au Canada sont du Québec. Dix de celles-ci ont moins de 30 ans », dit la longiligne athlète de 5’11’’ qui maintient que ce sport est tout à fait différent du volleyball intérieur. « Il y a certes des similarités, mais nous ne sommes que deux et il faut être polyvalentes. Savoir servir, être bonne à la défensive, frapper la balle, la bloquer et économiser ses énergies. Il ne faut pas nécessairement être grande, comme le prouve Annie Martin, mais il faut avoir des atouts athlétiques », juge la sympathique jeune femme qui arbore le numéro 10 avec les Bleus.
Un problème de météo
Si le volleyball de plage a explosé en popularité au cours des dernières années, les conditions sont toujours difficiles pour les joueurs qui veulent développer leur talent. Le manque criant de terrain pour pratiquer ce sport dans la Belle Province fait en sorte que les joueurs doivent s’exiler pour pratiquer et devenir des champions. « Il n’y a pas de facilité. Il y a des terrains, mais il n’y a pas de filets permanents, de conditions pratiques. Il faut réserver les terrains ou attendre son tour. Ce ne sont pas des conditions pour ceux qui veulent s’entraîner sérieusement », dit celle qui fait partie de l’élite de ce sport malgré tout. Au Canada, les terrains les mieux aménagés en ce sens se trouvent en Ontario ou à St-Nicolas, dans le coin de Québec. Peu pratique pour une joueuse des Carabins qui étudie pour devenir enseignante au primaire. « Nous devons aller ailleurs pour pratiquer. Nous ne sommes pas près des installations. À la fin février, j’ai participé à des camps, mais j’ai dû aller en Ontario. Il faut que les dirigeants trouvent des moyens et des solutions pour améliorer ces choses », dit celle aimerait bien voir le parc Jarry accueillir un terrain permanent pour desservir ces athlètes qui représentent le pays sur la scène mondiale. Volleyball Canada pourrait apporter son soutien aux jeunes québécois qui sont parmi les meilleurs de la nation.
Quatre tournois cet été
En peu de temps, Myriam Aboumerhi devra disputer quatre tournois sur la scène internationale. Elle doit obligatoirement se plier à cette exigence pour conserver son brevet. La jeune femme doit cependant composer avec un horaire chargé et la fin de ses études. « Cet été, je vais participer à un stage et dès mon retour, je participerai avec Magalie aux tournois de Montréal, de Chypre et d’Italie. Nous sommes sur l’équipe de développement et nous devons apprendre. Nous avons joué ensemble l’été dernier et tout a bien été. Nous avions le goût de continuer ensemble », dit l’athlète qui s’entraîne sous la férule d’Emmanuel Lœub, qui participer à sa part de matchs de volleyball de plage et qui a déjà été assistant entraîneur à l’intérieur. « Il nous entraîne aussi à la musculation et nous donne des trucs de nutrition. Il connaît le sport et sait ce qui est bon pour nous », dit la jeune femme qui tire son nom de famille des origines libanaises de son père. « Tu peux en venir à un point où tu peux vivre de ce métier, mais il faut gagner des tournois, avoir des commanditaires et de nombreuses bourses. Mais évidemment, tu ne mènes pas la vie d’un joueur de hockey », dit en rigolant la grande femme qui s’apprête à vivre une toute autre expérience.
Enseigner et partager
Si les yeux de Myriam Aboumerhi brillent quand elle parle de volleyball, ils pétillent quand elle parle de son métier en devenir, celui d’enseignante. « J’ai réalisé que j’ai étudié dans la bonne branche. Je vais pouvoir vivre cette autre passion avec autant de plaisir que le volleyball », avoue-t-elle. « En plus, ce métier me permettra d’avoir des horaires flexibles. Si je fais de la suppléance pendant quelques années, je pourrai m’entraîner et continuer à pratiquer mon sport et me concentrer. Ce serait encore mieux si, à ce moment-là, il y avait des terrains intérieurs », répète en s’esclaffant celle qui s’envole pour le Sénégal dans quelques jours.
Elle et 18 de ses consoeurs et confrères de classe vont effectuer un stage de 2 mois là-bas, dès le 27 avril. « Nous serons 17 filles et deux garçons et nous allons pratiquer notre métier au Sénégal pendant huit semaines. J’ai bien hâte et je sais que je vais vivre une expérience magnifique », dit celle qui marquera du même coup une trêve dans la pratique de son sport. « Pour la première fois en dix ans, je vais faire une pause de volleyball. Je veux vivre ce stage et cette expérience à fond. Les entraîneurs et tous ceux qui m’entourent m’encouragent à le faire et à oublier le volleyball. Je suis une fille active et je sais que, de toute manière, je vais m’entraîner. Mais je ne ferai pas de volleyball là-bas », dit-elle, avouant qu’elle pourrait flancher à deux ou trois reprises pour montrer quelques trucs du métier aux jeunes Sénégalais qui vont se retrouver devant elle au cours des deux prochains mois.