Christelle Dusseau, Marc Gennarelli et leur fille, Julie, sans oublier leur petit pug. (Photo Daniel Cuillerier)
Vieillir au Québec et voir grandir leur fille
Christelle Dusseau et Marc Gennarelli
Lorsqu’on rencontre le couple Christelle Dusseau-Marc Gennarelli et leur fille, Julie, qui a 8 ans, on se demande sérieusement d’où peut bien venir cette expression, utilisée à tort par les Québécois depuis des années, soit « Ah ! les maudits français. »
Cette petite famille, arrivée au Québec en juillet 2005, est la plus sympathique qui soit. Vraiment des gens charmants, généreux et pleins de potentiel à partager avec leurs nouveaux compatriotes. De fait, il est dommage que l’on n’accueille pas plus de nos cousins français, particulièrement des Marc et des Christelle.
Notre couple s’est formé en 1990 et, en 1994, ils convolaient en juste noce. En 1999, c’est la petite Julie qui voit le jour. Avant de venir s’installer en terre québécoise, Christelle et Marc étaient en affaires dans le sud de la France, entre Marseille et d’Aix en Provence, où ils exploitaient une boutique spécialisée en photographie. « C’était très exigeant physiquement et cela ne nous laissait guère de temps libre », lance spontanément Marc Gennarelli. « Et puis, nous trouvions que nous n’accordions pas assez de temps à notre fille, Julie. On ne la voyait pas grandir », renchérit Christelle. Tous deux en avaient également marre de l’insécurité de Marseille et des environs, en plus d’un système d’éducation un peu trop relâché. « Nous voulions un changement de vie radical, vivre une nouvelle expérience », nous dit Christelle. Il fallait donc à notre couple, une nouvelle terre d’accueil…francophone s’entend. Ils pensent à la Martinique. Trop chaud, trop moite et puis en plus, ils étaient habitués à un climat avec saisons. En plus de la lecture et du visionnement de reportages, des gens de leur entourage leur parlent du Québec, en prenant soin de dorer la pilule. Ils décident donc, en 2004, de faire leurs bagages et d’y entreprendre un voyage exploratoire, un visa de six mois en poche. « C’était exploratoire…mais avec l’intention ferme d’y rester », de dire Marc. « L’hiver a passé le test et comme nous aimons beaucoup la neige… », de renchérir Christelle.
Adaptation
La mentalité et la façon de vivre des Québécois les attirant, ils décident d’entamer les procédures d’immigration. Christelle et Marc, en passant, n’ont que de bons mots quant au sérieux du système d’immigration canadien. Ils dénichent ainsi une propriété à Coteau-du- Lac, combinant ainsi la proximité de la grande ville et la quiétude de la campagne. L’intégration professionnelle se fait assez rapidement pour Marc qui se taille un poste dans une boutique spécialisée en informatique, en plus de faire du service de réparation et d’installation à domicile à son compte. Pour Christelle, c’est un peu plus ardu, mais elle fait sa place finalement dans le domaine de la vente de meubles, elle qui est diplômée dans le domaine de l’imprimerie et qui est maquettiste de métier. Pour la petite Julie non plus, les premiers jours dans un nouveau système scolaire n’ont pas été faciles, mais aujourd’hui, les choses vont on ne peut mieux.
Après deux ans, comment trouvent-ils le Québec? « Les prénoms et les noms nous ont surpris. Vous avez ici, par exemple, des noms qui sont maintenant rares en France. Des Michel, par exemple, indique Marc Gennarelli. Nous aimons votre système d’éducation où l’on prône le respect dès l’entrée à l’école », continue-t-il. « Cependant, côté nourriture… c’est plus gras et moins sain, et il y a moins de choix sur les tablettes de vos marchés », croit Chistelle. « Et on trouve étrange de payer deux taxes, mais bon… », poursuit-elle. Pour le reste, depuis leur arrivée, après avoir été bien reçus, ils se sont fait plusieurs amis. Et l’avenir? « On se voit vieillir ici. Il n’est pas question de retourner en France. Nous avons laissé des amis là-bas, mais en revanche, nous nous en sommes fait beaucoup ici », souligne Marc.
Somme toute, nos trois petits cousins, qui sont maintenant nos frères et sœurs, respirent le bonheur et c’est ce que nous leur souhaitons pour le reste de leur vie de Québécois.