La nécessité des bandes riveraines n’est plus à prouver. Espérons qu’agriculteurs et élus trouveront un terrain d’entente.
Élargissement des bandes riveraines
Contrôle du phosphore
Dans la lutte contre les algues bleu-vert, le gouvernement du Québec tente d’instaurer de nouvelles politiques afin de réduire les intrants polluants (particulièrement des quantités de phosphore) de nos cours d’eau. L’interdiction d’utiliser des savons sans phosphate en est une et l’élargissement des bandes riveraines en serait une autre. En fait, le gouvernement doit d’abord faire respecter les mesures déjà en place. La coalition Eau Secours! « déplore le fait que le gouvernement octroie la majorité de l’argent aux agriculteurs pour restaurer la bande de trois mètres alors que cette norme est déjà existante depuis 20 ans, quoique très peu respectée ».
Le maire et préfet de la MRC de Mirabel a d’ailleurs accusé les agriculteurs de sa région de non-respect de l’environnement. Les agriculteurs cultivent la bande riveraine afin de compenser leurs pertes, disent-ils, alors que des sommes importantes sont dépensées pour le contrôle du phosphore.
D’autre part, certaines municipalités et MRC profitent du débat pour améliorer la norme de bande riveraine de trois mètres aux abords des cours d’eau, ainsi la largeur de la zone tampon de terre entre les champs de culture et la rive du cours d’eau passerait de trois mètres à dix mètres. Ces régions soucieuses de la qualité des cours d’eau ont déjà travaillé le dossier, dont Brome-Missisquoi, où les bandes riveraines de la rivière aux Brochets et de ses affluents seront augmentées à 11 m, alors que Nicolet-Yamaska et Rouville augmentent les leurs à 10 mètres.
Lors du dévoilement du plan national du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, député d’Outremont, a proposé une aide financière de 15 M$ au Québec en compensation de l’élargissement des bandes riveraines. Une option qui réjouira sans doute Jean-Guy Vanier, président du syndicat de base de Saint-Polycarpe, UPA, qui s’inquiète de l’impact de telles mesures sur la réduction des surfaces à cultiver. Lorsque les terres se transigent à plus de 3 000 $ l’acre, les pertes peuvent être considérables pour les propriétaires agricoles.
Pourquoi une bande riveraine?
Selon le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, « une bande riveraine est constituée d’un couvert végétal permanent composé d’un mélange de plantes herbacées, d’arbustes et d’arbres adjacents à un cours ou un lac. Les bandes riveraines assurent la transition entre les écosystèmes aquatiques et terrestres. » La qualité de la barrière naturelle est directement proportionnelle à la qualité des cours d’eau, et plusieurs facteurs entrent en ligne de compte : le type de plan d’eau, la pente de la rive et le courant. Les bandes sont aménagées en trois couches de végétation, soit une succession d’herbacés aquatiques, de graminées et d’arbustes. Les arbres peuvent suivre dans le cas où la bande est bien établie et sans dénivellation. Le but des bandes riveraines est de réduire ou d’intercepter le ruissellement des contaminants transportés par l’eau, tels les éléments solubles nutritifs, les substances chimiques, les agents pathogènes, les sédiments, les pesticides, le phosphore et l’azote. En plus des fonctions d’assainissement, l’aménagement de bandes riveraines assure une protection contre l’érosion, agit comme brise-vent, régularise le cycle hydrologique, procure un habitat pour la faune et la flore et améliore l’esthétique du paysage.