Évidemment, nous allons tous mourir un jour, mais notre passage vers l’au-delà a bien changé au fil des ans.
Tu retourneras en poussière…au plus vite
Tendances dans le domaine funéraire
VAUDREUIL-SOULANGES – Toutes choses évoluent en ce bas monde et dans tous les rites humains, on note également une nette évolution.
Dans le domaine funéraire, nous sommes loin des traditions voulant que le proche soit exposé dans la résidence familiale ou au salon funéraire durant trois jours. Loin aussi du traditionnel cortège menant au cimetière du village derrière l’église où une fosse de deux mètres y attendait notre cercueil.
« Autrefois, celui qui enterrait les morts était le fabricant de cercueil », nous dit d’entrée de jeu, Nathalie Samson, directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec. Aujourd’hui, on compte 281 maisons funéraires au Québec et de ce nombre, 25 sont des coopératives. « Nous comptons une trentaine de multinationales canadiennes ou américaines seulement dans ce groupe. Toutes les autres maisons funéraires sont québécoises. L’américanisation de nos entreprises funéraires, cette croyance populaire si tenace, relève donc du mythe », tient à préciser Mme Samson tout en faisant observer l’aspect très familial de plusieurs de ces entreprises.
Le plus vite possible
La plus grande tendance observée depuis quelques années, c’est le temps accordé par les familles à l’exposition. « À une époque pas si lointaine, les familles faisaient exposer les défunts durant trois jours. Suivaient ensuite les funérailles, le cortège menant au cimetière et l’inhumation. Un classique. Aujourd’hui, la durée de l’exposition dure en moyenne une journée et demie et ce n’est pas toujours un corps qui est exposé, mais souvent seulement les cendres », nous dit Nathalie Samson. Selon elle, les gens ne veulent pas souffrir ou à tout le moins, veulent réduire le temps de souffrance. Chose certaine, le phénomène de l’éclatement des familles, des familles divisées, vient compliquer la tâche des entreprises funéraires. « Il arrive souvent des quiproquos parmi les membres d’une famille quant à la façon de mener un défunt à son dernier repos. Pour cette raison, et pour aider les gens à traverser plus facilement un deuil, nous retrouvons maintenant des conseillers aux familles au sein des entreprises funéraires. L’approche est beaucoup plus personnalisée de nos jours et les entretiens entre la maison funéraire et les membres des familles sont beaucoup plus longs », révèle Mme Samson.
Parlant de personnalisation, de plus en plus les maisons funéraires offrent un service adapté aux besoins des familles, pour ne pas dire selon leurs goûts et caprices. Un groupe peut demander un aménagement particulier dans la salle d’exposition. On peut, par exemple,exiger de reproduire le salon de la personne défunte afin qu’elle se sente chez elle.
Et on enterre de moins en moins. Et quand on enterre, c’est une urne plus souvent qu’autrement que l’on va inhumer. Les columbariums sont également de plus en plus populaires auprès des familles. Certaines ont une impression de proximité avec le défunt. D’autres vont garder chacun une partie des cendres du disparu.
Plus de femmes
Une autre tendance observée, c’est le nombre de femmes occupant des postes dans les entreprises funéraires. Au cégep de Rosemont, par exemple, où se donne une technique en thanatologie, on compte une quinzaine de gradués par année. En fait, il conviendrait presque d’ajouter un « e » à gradués puisque sur ces 15 finissants, il n’est pas rare de retrouver une douzaine de filles, voire souvent plus. Le métier n’est donc plus seulement l’apanage des hommes, comme le voulait autrefois la tradition.