Christian Allard et Samuel Beauchamp, deux résidents de Saint-Lazare, ont bon espoir de voir le Canadien remporter une 25è coupe cette année. Il ne reste que 12 parties à gagner… (Photo : Bianca Diorio)
Les rues et la crème glacée tricolores
Après la victoire du Canadien lundi soir dernier, des milliers de personnes sont descendues spontanément dans les rues pour célébrer le passage du Bleu-blanc-rouge au deuxième tour des séries éliminatoires. Partout au Québec, de Saint-Bernard-de-Lacolle à Kangiqsujuaq, en passant par Waskaganish et Sainte-Germaine-de-l'Anse-aux-Gascons, des partisans en liesse se sont sauté dans les bras le temps d’apprécier pleinement le moment présent. Naturellement, Vaudreuil-Soulanges n’a pas échappé à l’euphorie de la victoire. Sur l’avenue Saint-Charles, à Vaudreuil-Dorion, les klaxons ont retenti sitôt la victoire confirmée. Le chemin Saint-Féréol, aux Cèdres, a vu rouler son lot de voitures aux couleurs du Canadien. La route 201 à Saint-Clet, le boulevard Mrg-Langlois à Salaberry-de-Valleyfield, le chemin de la Grande-Côte à Saint-Télesphore, le boulevard Perrot à L'Île-Perrot, toutes ces rues ont fait écho aux bruits de la victoire. À Saint-Justine-de-Newton, un résident a même entendu le train siffler quelques moments après que la fin de la rencontre. Hasard ou coïncidence, l’énergie véhiculée dans les rues de nos villes était palpable, et le son qui en sortait, audible à des kilomètres à la ronde.
Qu’on aime ou non, le mélange victoires, séries et Canadien s’avère le véhicule par excellence pour sortir le québécois de l’hiver et l’amener vers le printemps. Quand il ne participe pas au rendez-vous printanier, le Canadien manque à son rôle. Il est un peu la mayonnaise qui accompagne les frites, la boule de crème glacée à côté d’une pointe de tarte au sucre. C’est bon, une frite toute seule, mais c’est encore meilleur avec une sauce, une mayonnaise. La tarte au sucre? Rien contre. Mais vous marquez des points si la crème glacée n’est pas loin. Le printemps et le Canadien, c’est un peu cela. En soit, le printemps est synonyme de bonheur. Jumelé au Canadien, ça frôle l’euphorie. Comme lundi. C’est un peu ce qui explique les fanions, les klaxons, les rues tricolores : les partisans peuvent enfin savourer leur crème glacée printanière. Et la boule n’est pas encore fondue. On vient de s’en faire servir une autre portion.
Mais la crème glacée n’est pas tout. Les partisans qui se massent dans les bars sportifs de la région pour acclamer leurs favoris, ceux qui repeignent leur sous-sol aux couleurs des Habs, qui se peinturent le corps le temps d’une partie, les autres qui se découvrent un plaisir soudain à regarder des joueurs se disputer une rondelle noire pour la mettre dans un but, tous ces partisans, avoués ou non, font état d’un phénomène de société qu’ils ne soupçonnent même pas. Si le Canadien se rend loin, et surtout si vous êtes gentils, nous vous expliquerons le pourquoi de l’état de bien-être du partisan. Oui le printemps, oui la crème glacé, oui une équipe gagnante qui n’a pas gagnée depuis longtemps, oui l’hiver long, oui les mille et une raisons des spécialistes. Mais il y a plus profond que ça… Pensez-y, au moins jusqu’à jeudi.
Le Canadien en 6, peu importe contre qui!