Louis-Germain Méthot, de Polymos, l’une des entreprises-pilotes du projet de recherche sur la gestion des connaissances stratégiques. (Photo Daniel Cuillerier)
Projet de recherche pour les entreprises manufacturières de la région
Une meilleure gestion de leurs connaissances stratégiques
Afin de demeurer compétitives, les PME québécoises devront identifier et développer leurs connaissances stratégiques. Un projet de recherche destiné aux entreprises manufacturières de la Montérégie prévoit leur proposer un outil fort intéressant.
Assurément, de grands défis attendent les PME manufacturières, qui doivent entre autres faire face au ralentissement de la croissance démographique et au vieillissement de la population. Outre le fait qu’elles soient confrontées à une augmentation du phénomène de mondialisation des marchés, ces dernières subissent également des départs massifs à la retraite de leur main-d’œuvre qualifiée, ainsi qu’une pénurie de travailleurs qui détiennent les compétences requises.
Productivité, innovation et vitalité des entreprises
Leader en conception et moulage de pièces de résines expansées, Polymos est également confrontée à une pénurie de main-d’œuvre. Du même coup, l’entreprise de Terrasse-Vaudreuil se soucie aussi de la gestion de ses connaissances stratégiques. Ainsi, l’année dernière, elle s’est jointe à un projet de recherche piloté par Valotech, un organisme à but non lucratif dont la mission est de contribuer à la croissance économique des entreprises en Montérégie, et le CEFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations). C’est le Centre de recherche LICEF qui assure la partie recherche du projet.
Ce dernier a pour but d’aider les entreprises manufacturières de la Montérégie à développer une meilleure gestion de leurs connaissances stratégiques en vue d’assurer l’adaptation de leur main-d’œuvre et le développement de compétences spécialisées. Deux autres PME, également membres du CEFRIO, se sont jointes à la recherche. Selon ses instigateurs, «les connaissances sont devenues le nouveau facteur de productivité, d’innovation et de vitalité des entreprises».
Le projet propose donc une comodélisation des connaissances, soit une représentation graphique du savoir, à l’aide d’un outil informatisé appelé logiciel MOT. Et pour ce faire, chaque entreprise, dont Polymos, a dû effectuer trois jours de modélisation. «Nous avons fait un transfert des connaissances entre les experts et les apprentis afin de créer notre propre modèle de connaissances, explique Louis-Germain Méthot, de Polymos. Les employés développent des savoirs tacites qui ne sont pas écrits dans les manuels d’opération des équipements. Et c’est ce savoir que nous voulions aller chercher. Ce projet nous permet donc de le faire, de conserver ce savoir et de le transmettre ensuite. Il nous permet également d’améliorer nos connaissances.» Selon M. Méthot, l’entreprise a découvert toute la richesse de ce processus, qui est l’échange des connaissances entre les gens. «Nous prévoyons effectuer d’autres rencontres entre nos experts et nos novices en vue de continuer à créer notre modèle de connaissances», assure-t-il.
C’est à l’occasion du Rendez-vous technologique pour la Montérégie, qui se déroulera le 11 novembre prochain à Saint-Jean-sur-Richelieu, que le CEFRIO dévoilera les résultats de sa recherche. Les trois PME participantes y seront également. «C’est une occasion d’inciter d’autres PME, qui ne savent pas toujours comment gérer leurs connaissances stratégiques, de poser les gestes qui leur permettront de capter ces connaissances. Nous voulons demeurer des entreprises de choix dans une région de choix», conclut Louis-Germain Méthot.