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Chandni Oil s’installe à Salaberry-de-Valleyfield

Investissement de 32 M$ pour une usine de biocarburants

Marie-Jacinthe Roberge par Marie-Jacinthe Roberge
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Article mis en ligne le 17 juin 2008 à 22:37
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Chandni Oil s’installe à Salaberry-de-Valleyfield
Capitaine Pradeep Lall, chef de la direction de Chandni Oil Company, le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Denis Lapointe, John Kwo, directeur de Chandni Oil Canada, et Jayesh Ajwani, président du conseil d’administration de Chandni Oil Company, étaient fort heureux de l’annonce faite ce lundi. (Photo Bianca Diorio)
Chandni Oil s’installe à Salaberry-de-Valleyfield
Investissement de 32 M$ pour une usine de biocarburants
L’entreprise asiatique a choisi la capitale du Suroît pour établir sa première usine en Amérique du Nord. D’ici 2010, près de 70 emplois seront créés.
Spécialisée dans la récupération et le traitement d’huiles usées et la production de biocarburants à partir d’huiles végétales, l’entreprise Chandni Oil, de l’Île Maurice (dans l’océan Indien), a procédé le 16 juin à l’achat d’un terrain dans le parc industriel et portuaire Perron, sur le boulevard des Érables. Situé derrière les installations de RC Cola et du Groupe Meloche, le terrain de près de 27 500 mètres carrés permettra à l’entreprise d’établir son complexe industriel. Celui-ci, constitué d’un ensemble de bâtiments de plus de 3000 mètres carrés, comprendra des laboratoires, un centre administratif, une usine de production de biocarburants et 16 réservoirs d’entreposage. D’ici trois ans, l’usine devrait fonctionner jour et nuit, sept jours par semaine.
Technologie verte
Selon John Kwo, directeur de Chandni Oil Company Canada, l’objectif de la compagnie est de mettre en oeuvre des technologies écologiques pour lutter contre le réchauffement planétaire. En association avec une autre entreprise, Chandni Oil a développé une expertise pour le traitement de l’huile usée, la production de biodiesel et la production d’éthanol fait de canne à sucre et de mélasse. La production de biocarburant canadienne sera pour sa part issue de la récupération d’huiles végétales usées, celles des restaurants par exemple. Monsieur Kwo assure que le processus de fabrication sera écologique. « Aucune émission atmosphérique ne sera associée au fonctionnement de l’entreprise », précise-t-il. La technologie utilisée par Chandni Oil serait plus courante en Inde et aux Émirats arabes unis, ce qui aurait compliqué l’obtention des permis au Canada, les ministères voulant s’assurer de l’ensemble de la conformité des processus de fabrication.
Grande collaboration
L’entreprise, qui avait aussi été courtisée par le Nouveau-Brunswick et le Massachusetts, aurait choisi de s’établir à Salaberry-de-Valleyfield pour plusieurs raisons. La localisation géographique stratégique pour les transports, notamment, a joué un rôle important. Par contre, c’est sans doute la grande collaboration des gens d’ici qui a gagné les décideurs de l’entreprise. La Ville de Salaberry-de-Valleyfield, le Centre local de développement de Beauharnois-Salaberry, Montréal International et Investissement Québec ont tous travaillé fort pour attirer cette entreprise et faciliter son établissement au Québec. « Nous avons vraiment senti que nous pouvions compter sur eux pour faire de ce projet un succès », souligne effectivement John Kwo.
Industrie verte
Qualifiée d’excellente nouvelle, l’arrivée de la Chandni Oil représente pour le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Denis Lapointe, un pas de plus pour installer un carrefour de l’industrie verte dans sa ville. « Nous sommes très heureux parce que ça ouvre les horizons de l’industrie environnementale à Salaberry-de-Valleyfield », explique-t-il motivé, précisant que d’autres projets à caractère écologique s’en viennent dans un avenir rapproché. « D’ailleurs, même Chandni Oil regarde déjà plus loin et envisage d’autres projets à Salaberry-de-Valleyfield » rajoute le maire. « Nous cherchions effectivement un endroit où nous pourrions agrandir », a confirmé John Kwo.

La capacité de raffinage de l’huile usée de l’usine sera de 235 000 litres par jour dans la première phase, et la production de biodiesel provenant d’huile végétale usée sera de 200 000 litres par jour dans la seconde phase. Même s’ils prévoient agrandir, les représentants de Chandni Oil précisent qu’il s’agit là d’une production considérable. D’ailleurs, il semblerait que le Canada ne pourra à lui seul fournir toute l’huile usée nécessaire à la production de biocarburant. « On devra importer des huiles usées des États-Unis parce que nos études nous ont démontré qu’il n’y a pas assez de cette matière première ici », explique John Kwo, qui précise aussi que la compagnie pourrait utiliser au besoin l’huile de palme. Quant à savoir qui achètera les huiles traitées et le biodiesel, John Kwo est très confiant. Les huiles usées traitées, nommées SN 150 et SN 500, sont déjà très demandées pour Chandni Oil, qui ne semble pas vouloir développer de nouveaux marchés. Quant au biodiesel produit, John Kwo affirme qu’il sera d’abord offert sur le marché canadien, mais que de gros clients à Dubaï sont déjà acheteurs des surplus s’il y a lieu.

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