André Germain a fabriqué son propre télescope, et construit une tour pivotante pour augmenter l’efficacité de ses observations. (Photo Pascal M. Lévesque)
André Germain, la tête dans les étoiles
Astronome amateur de Saint-Lazare
Depuis les époques les plus reculées, l’être humain a toujours été fasciné par le ciel, et, au fil des siècles, les moyens dont il disposait pour observer la voûte céleste n’ont cessé d’évoluer.
De fait, ils ont évolué au point où il n’est même plus nécessaire de sortir de chez soi pour faire des observations, et encore moins nécessaire de regarder par l’oculaire d’un télescope.
Daniel Germain, un astronome amateur de Saint-Lazare, s’intéresse à l’espace et à ses mystères depuis son adolescence, où il était membre de la SAM (Société d’astronomie montréalaise). À 15 ans, il fabrique son premier télescope, polit son propre miroir. Au fil des ans, il a amélioré les pièces autour de ce miroir, qu’il possède toujours.
En 1995, il vient s’établir à Saint-Lazare, construit sa maison et, deux ans plus tard, il aménage une tour au toit pivotant pour son télescope. Pourquoi Saint-Lazare? « Ce n’était pas trop loin de Montréal et, en même temps, assez loin pour éviter la pollution lumineuse », répond-il.
Esprit scientifique
André Gemain a toujours été bricoleur. Pendant 20 ans, il a été passionné d’aéromodélisme (les avions téléguidés).
Parce qu’il est spécialiste des simulateurs de vol chez CAE, l’électronique n’a plus de secrets pour lui. Les fils, il sait toujours où les brancher. Il lui a donc été facile de bricoler un système reliant son ordinateur au télescope installé dans sa tour.
« Je ne vais même plus dans l’observatoire, je fais tout de la maison à partir de mon ordinateur », révèle André Germain. Mais le charme de l’observation traditionnelle? Ce petit côté poétique de l’observation des étoiles. « Je préfère l’aspect scientifique que la poésie », répond-il tout de go.
La lune et les planètes les plus près n’ont guère de secrets pour André Germain. Ce qui le fascine, ce sont les nébuleuses, les galaxies. « Au début, on regarde ce qu’il y a de plus près, c’est normal. Avec les équipements d’aujourd’hui, on peut observer des centaines de milliers de galaxies. Quand on sait qu’il y a 100 milliards d’étoiles dans notre galaxie et que le nombre de galaxies est également très important, c’est infini comme possibilités », mentionne André Germain. Récemment, une photographie prise au télescope spatial Hubble a permis de faire passer de 80 à 125 milliards le nombre estimé des galaxies.
De plus en plus populaire
Pour André Germain, l’astronomie est une science qui fait de plus en plus d’adaptes au Québec. « Il existe de plus en plus de groupes se consacrant à l’astronomie. Cette science est devenue beaucoup plus accessible. Les instruments sont plus abordables. Les télescopes électroniques sont beaucoup plus faciles à utiliser et, avec l’équipement informatisé, on doit passer moins de temps à lire sur le sujet et à faire des calculs compliqués. Et avec Internet, l’astrologie est beaucoup plus accessible », explique André Germain.
On ne peut pas dire que l’été 2008 est une bonne saison pour les observations. « Déjà qu’au cours d’une nuit vraiment noire, une bonne observation peut durer à peine une heure, une heure et demie. Ici, c’est très profond comme ciel, mais il y a beaucoup de convection thermique. Cela prend du temps avant d’obtenir un air stable qui permet de faire une observation de très haute résolution », explique notre astronome amateur.
Et ce qu’il aimerait faire? « J’en suis rendu à m’intéresser à l’aspect luminosité des astres. J’aimerais bien pouvoir disposer d’un spectroscope qui permet de découper la lumière d’une étoile et mesurer la température, d’étudier la nature des étoiles », confie M. Germain en conclusion.
Pour en savoir plus sur l’équipement d’André Germain, on peut naviguer sur le site
www.watchobs.com.