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Une Vaudreuilloise sacrée vice-reine des menteurs

Isabelle Lord par Isabelle Lord
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Article mis en ligne le 2 septembre 2008 à 22:59
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Concours international de menteries à Moncrabeau, en France
Une Vaudreuilloise sacrée vice-reine des menteurs
Lucie Bisson est passée maître dans l’art de mentir. Avec la plus incroyable des histoires, cette conteuse, qui a confondu plus d’un sceptique, a été couronnée vice-reine des menteurs lors d’un concours international réunissant la crème des conteurs.
« Je jure de travestir la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, sans porter préjudice à autre que la vérité », a promis notre conteuse vaudreuilloise en embrassant la pierre de vérité lors de sa participation à ce concours fort populaire en France depuis 1748. Capitale mondiale des menteurs, le village de Moncrabeau a accueilli en août dernier une douzaine de participants provenant des quatre coins de la francophonie. Leur quête? Décrocher le titre de roi ou de reine des menteurs lors de cette grande fête historique. Leur tour de force? Subjuguer la foule et les juges avec la plus formidable des histoires abracadabrantes.

Et c’est ce qu’a réussi Lucie Bisson en divertissant la foule européenne avec son récit inventé à la sauce québécoise. Ravie, elle est revenue au Québec avec, dans son sac à histoires, une deuxième place bien méritée, et un certificat de membre de l’Académie des menteurs. « C’est une belle reconnaissance de mes pairs, car en fait c’est mon travail de conteuse qui est apprécié », affirme celle dont le célèbre capitaine Bonhomme aurait été fier.
Porteur de paroles
Conteuse professionnelle depuis 2005, Lucie Bisson mentionne être « porteur de paroles du patrimoine vivant ». Que ce soit au Québec, en Europe ou en Afrique, elle adore raconter les histoires du folklore québécois ou de son propre cru. « J’aime bien prendre ma voix de conteuse teintée de patois de gens connus, et colorée par les endroits visités », lance cette dernière. Cet art de raconter et de divertir lui vient notamment de son père, qui, autrefois, aimait bien conter de nombreux récits à ses 14 enfants.
Les plus grands menteurs de la francophonie
Après avoir entendu parler du concours de menteries, Mme Bisson décide de communiquer avec les organisateurs par le biais d’Internet, et de leur envoyer quelques-unes de ses histoires. Ses textes ont fait mouche puisqu’elle a reçu par la suite une invitation officielle à cet événement international. « De cette façon, je voulais pousser plus loin ma démarche de conteuse. Et ça devenait une belle vitrine pour me faire entendre », explique-t-elle.

Particulièrement fiers de leur réputation de fabulateurs, les membres de l’Académie des menteurs de Moncrabeau perpétuent ainsi une tradition en accueillant annuellement dans leur village les plus grands menteurs de la francophonie.

Bien que festif, ce concours propose un rituel des plus protocolaires. Assis sur un trône sculpté à même la pierre, Lucie Bisson et ses adversaires ont, tour à tour, débité leurs menteries à la foule attentive. Vêtus de leur toge écarlate, les membres de l’Académie ont ensuite évalué les histoires en jetant des cuillerées de sel dans un sac de jute. Puis, chacun des douze sacs de sel était pesé sur une balance. Le plus lourd sac donnait au conteur le titre de roi ou reine des menteurs.
Vice-reine grâce à un petit lion
Lucie Bisson s’est démarquée avec son histoire du Leo minus Baie-Jamus canadensis, le plus petit lion au monde, une espèce rare vivant sur le territoire de la Baie-James! Notre menteuse raconte avoir été sauvée, à la suite d’un face à face avec un ours noir, par le Leo minus, ennemi juré des ours. En fait, ce petit animal a su dissuader l’adversaire en l’aspergeant d’un musc malodorant. Soulignons que Mme Bisson était accompagnée du petit Leo minus, en chair et en os. Juré, craché! En fait, il s’agit d’un joli petit hamster costumé en lion et acheté en France. Mme Bisson explique ensuite avoir offert en cadeau ce petit héros au village de Moncrabeau « afin de le protéger des ours qui ont été réintroduits dans les montagnes des Pyrénées ».

« J’ai eu beaucoup de plaisir avec la foule. C’était une très belle expérience », indique la vice-menteuse, qui aimerait bien recréer chez nous ce concours de menteries, et garder ainsi le conte vivant à travers ses légendes et histoires.

D’ici là, il est possible d’aller entendre les histoires de Lucie Bisson à l’occasion de son spectacle solo Ben… Ça parle au Diable! le jeudi 13 novembre prochain à 20 h à la maison Trestler de Vaudreuil-Dorion.
Lucie Bisson, qui, après la pesée de son sac de sel, a été couronnée vice-reine des menteurs de Moncrabeau. (Photothèque)
Les membres de l’Académie effectuant la pesée des sacs de sel. (Photothèque)
Notre conteuse de la région en compagnie de son sauveur, Léo minus. (Photothèque)

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GUILLAUME Antony

Commentaire mis en ligne le 15 septembre 2008
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