Guy Pilon, maire de Vaudreuil-Dorion, accueille Hubert Reeves à la Maison Tresler. (Photo Pascal M. Lévesque)
Hubert Reeves en entrevue
Rencontré à la Maison Tresler
Dans le cadre des festivités du Jour de la Terre, la Ville de Vaudreuil-Dorion a invité l’astrophysicien de renommée internationale Hubert Reeves. Dans une entrevue exclusive, tenue avant sa conférence Astronomie et écologie à la salle Paul-Émile Meloche du campus Cité-des-jeunes, le sage de 77 ans a bien voulu répondre à nos questions.
Pour toutes les personnes qui n’auront pas eu la chance d’assister à la conférence, un survol des propos de monsieur Reeves sera publié ce samedi, dans Première Édition.
Q:Croyez-vous que votre approche choque trop ou pas assez les gens?
R:Il faut dire les choses comme elles sont. Il faut éviter d’être défaitistes et plutôt éveiller la réactivité tout en montrant les aspects positifs et négatifs.
Q :Croyez-vous que la protection de 12 % du territoire suffit à la sauvegarde d’une biodiversité durable?
R:Non, ça ne suffit pas. Il faut entreprendre différentes mesures pour tout le territoire et assurer une protection plus globale. La pollution n’a pas de frontière. La sauvegarde d’espaces verts, la création de parcs, la protection des tigres et des éléphants, c’est bien, mais il faut également protéger les espèces moins visibles comme les vers de terre, essentiels à la qualité du sol et les insectes pollinisateurs par exemple.
Q:Quel est le problème le plus pressant à régler?
R:La montée de la température, le réchauffement. Il faudrait limiter à 2 ou 3 degrés, pas plus, l’augmentation de la température moyenne.
Q:Quel est, selon vous, le plus grand problème à régler?
R:L’érosion de la biodiversité. Nous éliminons des centaines d’espèces chaque année. Nous vivons ce que nous appelons la sixième extinction.
Q:Les sommes employées en astronomie et dans la recherche spatiale sont-elles trop importantes et devrions-nous les investir en environnement?
R:L’argent investi dans la recherche revient dans l’économie. Par exemple, la NASA a choisi d’implanter plusieurs usines de production en Alabama, dans un coin défavorisé, aujourd’hui cette région est florissante.
Q:Croyez-vous que la disparition d’Homo sapiens soit le seul salut de la planète bleue?
R:On espère que non, c’est la seule réponse que l’on peut donner à ce moment-ci.
Q:Est-ce que l’être humain va s’en sortir?
R:Les êtres humains sont géniaux, nous sommes allés sur la Lune après tout! Nous traversons une époque cruciale et assistons à une prise de conscience d’une grande importance.
Q:Et le mot de la fin?
R:J’aime beaucoup cette phrase : « Faire mieux avec moins ».