Histoires de cirque
Le plus grand défi d’un jeune fonceur
Grâce à sa fougue et à sa passion des défis, Yannick Gosselin a réussi à mettre sur pied le Festival de cirque Vaudreuil-Dorion qui, aujourd’hui, est devenu un événement familial d’envergure particulièrement attendu des citoyens et des visiteurs.
Assurément, il lui a fallu une sacrée dose de culot, beaucoup de passion et un brin de folie pour mettre sur pied un tel festival. Ne provenant pas du milieu du cirque, sans le sou, n’ayant au départ aucun contact dans la région de Vaudreuil-Soulanges, Yannick Gosselin a réussi tout un tour de force : convaincre les gens un à un de la pertinence de son idée festive.
Petit projet deviendra grand
Après avoir étudié à l’université en éducation physique, ce sportif adepte de performance désirait relever d’autres défis et s’inscrit en communications à l’UQAM. À la fin de son baccalauréat, en 1997, il monte un projet de festival de cirque au Vieux-Port de Montréal. Pourquoi la thématique du cirque? « J’avais l’impression qu’en réalisant ce projet, les jeunes auraient le sourire aux lèvres, dit-il. Les familles pourraient également faire des activités de cirque, et non seulement regarder des numéros. » Trop onéreux, ce projet est toutefois mis de côté. Il ne restait qu’à attendre le moment propice…
Les dix minutes les plus longues de sa vie
Il y a six ans, Yannick Gosselin a déménagé à Vaudreuil-Dorion. Sitôt arrivé, il s’est empressé de présenter le projet de cirque qu’il avait été forcé d’abandonner quelques années plus tôt. Il rencontre le maire de l’époque, Réjean Boyer, qui, enthousiaste, lui explique que la Ville est justement à la recherche d’un tel événement destiné à la famille. « Il m’a dit qu’il me laissait dix minutes pour vendre mon projet devant le conseil municipal. « Si, en 10 minutes, tu réussis à les convaincre, on part avec ton projet…», m’a-t-il dit. »
Petit moment de panique.... « J’ai réalisé que ça n’avait pas de bon sens. Je n’avais jamais organisé de festival. Dans une heure, je devais faire ma présentation. Je n’étais pas préparé et n’avais aucun document à présenter, se rappelle-t-il en riant. Lors de moments difficiles, je pense à Guy Laliberté du Cirque du Soleil qui, à ses débuts, disait : "Je fonce et, juste avec mes yeux, je peux convaincre le monde que mon projet est extraordinaire." » Le jeune homme nerveux enfile donc sa veste qu’il aime qualifier de « kit de superhéros » et fonce dans la fosse aux lions.
Tout s’est si bien déroulé que ce dernier a passé une heure et quart à parler de « belle folie, de personnages, de la façon dont Vaudreuil se démarquerait grâce à ce festival unique ». Dès le lendemain, on le rappelle en lui disant que le conseil a été impressionné par sa fougue et sa passion, et qu’il recevra un chèque pour son événement. « Wow! Un autre défi relevé », s’est-il dit avec fierté. Toutefois, il n’avait pas de temps à perdre puisqu’il ne disposait que de quatre mois pour mettre sur pied la première édition de son festival de cirque.
S’entourer des meilleurs
Sans tarder, il s’empresse d’aller chercher son ami Jean-Sébastien Roberge, travaillant alors à la direction technique de spectacles de variétés aux Îles Turquoise. « Il m’a convaincu de revenir à Montréal afin qu’on travaille ensemble », explique ce dernier. Roberge accepte donc d’embarquer dans l’aventure à titre de directeur technique.
Toutefois, il n’est pas facile d’organiser en un si court laps de temps un tel festival et dénicher des commanditaires, voir à la programmation, à la logistique, à la technique, aux bénévoles, etc. Jean-Sébastien Roberge rappelle la chance qu’ils ont eue de pouvoir acheter, par l’entremise d’un ami, le premier chapiteau du Cirque du Soleil. Un beau coup que l’acquisition de ce chapiteau qui, pendant quelques années, leur permettra de présenter des spectacles et des activités pour enfants.
Pour cette première édition, le duo a réussi à convaincre des artistes de cirque de renommée internationale, Les 7 doigts de la main, d’y présenter leur spectacle durant trois jours. Un succès monstre! Ce premier festival de cirque a attiré plus de 4000 personnes. Les deux partenaires ont pu également recréer un véritable petit village festif doté d’ateliers et d’animation. De nombreux bénévoles, amis et connaissances, ont vu au bon déroulement de ce cirque. Yannick Gosselin tient à souligner le travail de sa conjointe Julie qui, chaque année, s’occupe de cette grande équipe.
Sans contredit, ce duo gagnant a su faire grandir le festival et continuer à se démarquer en concoctant un événement unique et original. L’an dernier, le Festival de cirque a attiré plus de 25 000 personnes. Une belle réussite qui, cet été, leur permettra de célébrer leur 5e anniversaire en grande avec Les Acrobates de Pékin en primeur pour la première fois au Québec et, entre autres, le groupe de l’heure, Mes Aïeux.
Parions que pour l’édition 2010, nos deux amis continueront à jongler avec de bonnes idées et d’autres belles surprises… D’ici là, place à un 5e anniversaire magique et festif.
La 1ère édition du Festival de cirque Vaudreuil-Dorion et son fameux chapiteau du Cirque du Soleil. (Photothèque)
Les passionnés et fonceurs Jean-Sébastien Roberge et Yannick Gosselin qui ont su faire de leur festival de cirque un événement d’envergure. (Photo Daniel Cuillerier)