Selon l’Institut national de santé publique du Québec, plus de 50 % des décès en embarcation de plaisance sont associés à l’absence du port d’un VFI lors du chavirement de petites embarcations ou d’une chute par-dessus bord. Les victimes n’ont souvent pas le temps de mettre leur gilet. Le port du VFI est crucial en tout temps. (Photothèque)
Le gilet sauve des milliers de vies
Campagne de sécurité nautique
À la fin du mois de mai, la saison nautique 2009 connaissait déjà trois victimes. Pourtant, ces noyades pourraient être facilement évitées.
Dans les trois cas, il s’agissait d’hommes âgés de moins de 24 ans qui ne portaient pas ou incorrectement leur gilet de sauvetage. Deux d’entre eux ont trouvé la mort en bateau motorisé sur un lac et le troisième naviguait en canot sur une rivière.
En Montégérie, les saisons 2007 et 2008 ont fait respectivement une seule victime ; nette amélioration en comparaison à 2006 avec sept victimes. Toutefois, ces décès pourraient facilement être évités. Les principales raisons d’accidents et de victimes en nautisme sont l’immersion en eau froide, facteur contributif dans près du quart des noyades sur les plans d’eau du Québec, et, ensuite, l’absence du port du gilet de sauvetage.
Le gilet sur le dos
Depuis 2004, près de 100 personnes ont trouvé la mort sur les plans d’eau du Québec et, de ce nombre, plus de 75 % ne portaient pas de vêtement de flottaison individuel (VFI). Les plaisanciers expliquent le faible taux du port du gilet de sauvetage par la proximité de la rive, leur habileté à nager ou leur capacité à enfiler le VFI en cas de chute. « Même si nos efforts de conscientisation ont porté fruit puisque le nombre de victimes a diminué au cours des deux dernières décennies, le port du gilet de sauvetage est encore trop souvent banalisé et cela entraîne de lourdes conséquences. C’est pourquoi nous redoublons d’ardeur pour défaire les mythes entourant la navigation en espérant que, dans 20 ans, il soit tout aussi naturel de porter un gilet de sauvetage en bateau que d’attacher sa ceinture en voiture », explique monsieur Vahé Vassilian, président du Conseil québécois du nautisme.
Immersion en eau froide
Au Québec, 43 % des victimes de noyade étaient à moins de deux mètres de la rive ou d’un objet qui aurait pu les sauver et 32 % d’entre elles savaient bien nager ! L’immersion en eau froide a été un facteur contributif dans 21 % des noyades au Québec de 2000 à 2006. Une chute dans des eaux dont la température est inférieure à 20 °C provoque immédiatement un état de choc. Souffle coupé, hyperventilation et augmentation du rythme cardiaque en sont les premiers effets.
Les 10 minutes suivant la chute sont critiques puisque la coordination des mouvements deviendra très pénible jusqu’à ce qu’il devienne impossible de nager. Sans gilet de sauvetage, les chances de survie sont très minces. Au Canada, on estime que 94 % des noyades sont survenues dans de l’eau de moins de 20 degrés en 2004.
Stades d’hypothermie
1. État de choc causé par l’immersion en eau froide : les premiers symptômes sont la panique, le souffle coupé, l’hyperventilation et le rythme cardiaque qui augmente radicalement. Le choc dû au froid s’estompe en une minute environ. Pendant ce temps, il faut essayer de reprendre son souffle et tenter de se maintenir hors de l’eau.
2. Perte de dextérité manuelle ou épuisement à la nage : sous les 20 °C, la coordination des mouvements devient très pénible, il y a perte progressive de l’usage des membres et difficulté de s’agripper à l’embarcation ou à enfiler un vêtement de flottaison individuel. Les dix prochaines minutes sont critiques puisque l’on ne pourra plus nager.
3. L’hypothermie : d’abord, de simples frissons se font ressentir, puis, à moins de 30°C, il y a une perte de conscience. Les signes vitaux diminuent sous les 28°C jusqu’à l’arrêt cardiaque.
4. Effondrement post-sauvetage : 25 % des décès surviennent pendant ou à la suite d’un sauvetage. Se sentant en sécurité, la personne cesse de lutter, réduisant ses chances de survie.