Daniel Cuillerier, France Ranger et Stéphane Fortier, le trio caché derrière la réalisation du recueil Les entrevues débiles d’un journaliste capoté! (Photo : Patrick Richard)
Stéphane Fortier, auteur
Le jongleur de jeux de mots
Depuis quelques années, il informe les lecteurs de l’actualité régionale d’ici. Depuis peu, il est l’auteur d’entrevues débiles avec un cheval, un pain et le printemps. Mais qui est donc Stéphane Fortier? Un journaliste chevronné ou un journaliste capoté?
Le journaliste : « Bonjour M. le chat. Oh! C’est beau ce que vous portez ». Le chat : « En effet, d’habitude, je me promène à poil, mais là… » Le recueil Les entrevues débiles d’un journaliste capoté! accueille ainsi son lecteur et ne le lâche qu’au bout de 51 pages, repu de jeux de mots. Écrit, publié et distribué par Stéphane Fortier, journaliste aux Hebdos du Suroît, ce petit bijou d’invention a de quoi faire rire et sourire. Les lecteurs se souviennent peut-être de ces entrevues publiées dans nos journaux et sur Internet des années 2006 à 2008. Depuis longtemps, ils étaient nombreux à manifester leur désir de voir ces entrevues réunies en un seul volume. Le journaliste capoté a assouvi cet appétit. Avec l’aide de l’illustratrice France Ranger et du photographe Daniel Cuillerier, le jongleur de jeux de mots a édité à compte d’auteur le fruit de ses folies : « Je n’ai jamais écrit ces entrevues pour moi. Je le fais pour les gens, pour leur accrocher un sourire. Il y a une énorme satisfaction à voir que ça amuse les lecteurs. C’est important de distraire les gens. Avec ces entretiens, je rejoins tout le monde », explique ce journaliste un peu fou. L’idée d’unir sa fantaisie à son métier et de faire des entrevues avec n’importe quoi (sauf des humains) lui est venue à l’esprit alors qu’il travaillait à La Revue de Terrebonne, il y a quelques années. Quiconque côtoie Stéphane Fortier connaît sa faculté de jouer constamment avec les mots. « C’est naturel pour moi de faire des niaiseries avec les mots, c’est entré dans ma façon d’être. Je fais beaucoup d’erreurs quand je parle, les gens pensent que je niaise, mais je suis réellement comme ça. »
Un émule d’Obélix
Stéphane Fortier s’apparente à Obélix. Comme le célèbre Gaulois, il n’a pas besoin de sa ration quotidienne de potion magique pour créer; il est tombé dedans quand il était petit! Si les jeux de mots lui viennent facilement, c’est qu’il prend des notes, choisit ses sujets, pose des questions, crée des lexiques et joue avec. Il se laisse inspirer et ne force jamais la note. « C’est important pour moi de faire des folies. Les gens ont besoin de folie, de rire. Il faut se changer les idées. Ça déstresse. » En plus de s’en donner à cœur joie avec une trentaine d’animaux, d’objets et de personnages, Stéphane Fortier affectionne les contes de notre enfance qu’il massacre de belle façon, à l’image du Petit chaperon vert-de-gris qui termine son recueil.
Un talentueux trio
Sans la participation de France Ranger et de Daniel Cuillerier, respectivement infographiste et photographe aux Hebdos du Suroît, le recueil de Stéphane Fortier n’aurait pas eu la même saveur : « Le contenant est très important. France et Daniel ont fait un travail fantastique. France est partie de rien. Elle a monté le concept et j’ai aimé tout de suite ». En marge des textes, les photos et les illustrations ajoutent un style unique au contenu : « Quand j’ai vu le résultat final, j’ai capoté, raconte France Ranger. J’ai toujours voulu illustrer des histoires, mais le temps me manque. Un jour, j’aimerais faire un livre avec mon fils Marc. » Ceux qui n’ont pas encore eu la chance de parcourir cette savoureuse compilation peuvent se rendre à la bibliothèque de Vaudreuil-Dorion ou faire pression sur Stéphane Fortier qui, pour l’instant, le distribue gratuitement : « Ce qui me rend surtout content, c’est de voir que les gens aiment ça. Je pense que c’est le but », conclut celui qui, comme son soulier, prendra bientôt des vacances pour se délacer.