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Plaider pour la reconnaissance des compétences et l’expérience

Nubia Davila, originaire de Colombie

Stéphane Fortier par Stéphane Fortier
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Article mis en ligne le 13 mars 2007 à 15:28
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Plaider pour la reconnaissance des compétences et l’expérience
Nubia Davila aurait aimé que ses 10 ans d’expérience dans le domaine des communications soient reconnus. (Photo Daniel Cuillerier)
Plaider pour la reconnaissance des compétences et l’expérience
Nubia Davila, originaire de Colombie
VAUDREUIL-DORION – Arrivée au Québec en 2000, Nubia Davila, originaire de la Colombie, a trouvé et trouve encore difficile l’intégration professionnelle. C’est pourtant sur cette base, soit sa formation et son expérience qu’elle a été reçue au Canada.

C’est à la fin des années ’90 que Nubia Davila fait sa demande. Auparavant, en 1993, Nubia avait passé trois ans en Belgique, séjour qui lui a permis d’abord d’apprendre le français et ensuite de compléter une maîtrise en Coopération et Développement international. « Je trouvais intéressant de mettre ces nouvelles connaissances à profit pour aider les pays d’Amérique du sud. Cette formation me permettait de présenter des projets de développement », de dire Nubia. En 1996, elle retourne en Colombie, où elle y a encore sa mère et cinq frères, et travaille pour un organisme qui, par le biais de bourses, aide financièrement les jeunes qui veulent faire des études postsecondaires. Elle écrit même un livre sur l’organisme. Mais pourquoi faire une demande d’immigration au Canada?

« Les conditions économiques et politiques étaient difficiles et les salaires étaient bas à l’époque et la sécurité en dehors de Bogota, la capitale, était chancelante », explique Nubia Davila.
Destination Canada
Ayant accès sur beaucoup d’informations internationales sur son lieu de travail en Colombie, une personne lui parle un jour du Canada qui avait un programme d’immigration pour les professionnels. « J’ai d’abord pensé à l’Europe puisque j’y avais séjourné, mais c’était très saturé pour les immigrants. Ils sont d’ailleurs de plus en plus fermés en ce domaine. En revanche, le Canada avait une très belle image, une très bonne réputation en Colombie. C’est un pays ouvert, pacifiste avec des intérêts écologistes et un bon niveau de vie », explique-t-elle. Les démarches ont duré deux ans. Ils sont très exigeants pour les immigrants reçus », dit Nubia. Cette dernière avait aimé la façon de vivre à l’européenne. « Je me disais qu’avec la culture francophone, cela serait la même chose au Québec, mais au contraire, j’ai trouvé qu’ici, c’était très américain. Une société basée sur la production et la consommation et un rythme de vie rapide m’ont un peu essoufflée au début. Par contre, j’ai rapidement développé beaucoup d’admiration pour les Québécois qui ont su vivre et survivre dans cette mer anglophone et j’admire la réussite de la femme québécoise », mentionne Nubia. Et pour le travail? Une fois en terre canadienne, elle fait des démarches auprès d’organismes qui oeuvrent dans le domaine de la coopération internationale. En vain. « J’ai tout de même donné des cours d’espagnol dans une école de langue », relate-t-elle. Elle rencontre plus tard celui qui devait devenir son conjoint et elle emménage à Vaudreuil. Aujourd’hui, le couple a un petit garçon de trois ans.
Quand le passé n’existe plus
Diplômée universitaire, détentrice d’un deuxième cycle et professionnelle du domaine des communications (elle a touché à un peu toutes les sphères, de l’électronique en passant par l’écrit), Nubia Davila a été déçue de constater qu’il fallait recommencer à neuf ici et que son expérience professionnelle, acquise dans son pays, ne comptait plus. « Pour un immigrant, la langue est la première barrière. Mais il faut gagner sa vie et trouver du travail n’est pas évident, même si dans ton pays d’origine, tu étais professionnel, même si tu as 10 ans d’expérience. Heureusement, il y a des organismes pour aider les immigrants à s’intégrer, des organismes qui gagneraient à être mieux connus et… mieux soutenus », lance-t-elle.

Nubia Davila projette de travailler auprès d’un organisme qui opère dans le domaine de la coopération ou au sein d’un organisme qui œuvre auprès des immigrants. « Il y a beaucoup d’immigrants qui viennent d’Amérique latine et j’aimerais bien leur donner un coup de main », souhaite Nubia Davila en conclusion.

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